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Santé

Covid19 : une transition vers l’émergence de Madagascar

Par Tohozaka SILENY, Éditorialiste


Malgré le paradoxe malgache entre sa pauvreté incontestable et ses richesses naturelles, Madagascar se lance, sur le plan international, dans un défi pour mettre fin à la guerre planétaire contre le coronavirus. Une décision qui paraît peut-être inimaginable du côté des autres nations, surtout des pays développés, vu la situation économique du pays. Pour ce faire, le Président Rajoelina, après avis des experts nationaux et internationaux, devait donner son feu vert pour l’essai clinique d’un remède contre le covid19 « Vita Malagasy » au profit des patients ayant consenti de s’y soumettre. Ce nouveau protocole de traitement serait à base de plante médicinale malagasy qui a toujours fait l’objet d’exportation, selon ses dires. En effet, d’un côté, l’initiative prise par le Président malagasy ne constitue pas uniquement un défi international mais aussi une preuve, vis-à-vis des Nations, de la marche vers une nouvelle ère mondiale. Ce nouveau scénario va favoriser la concurrence et l’innovation dans le but de stimuler la croissance économique mondiale sans affaiblir les solidarités internationales et de faire des pays pauvres des acteurs principaux de l’économie ayant une échelle internationale.

De l’autre côté, la décision du jeune président répond à la première concrétisation des 5ème et 7ème points du velirano. Il s’agit respectivement de la santé pour tous, qui pourrait s’étendre hors du territoire pour traiter les malades du coronavirus dans le monde et de la promotion du « Vita Malagasy » qui va favoriser l’industrialisation.

Une décision conductrice de l’émergence

Espérons qu’à court terme, le but est d’atteindre au moins, le leadership africain en matière de la production industrielle de médicaments. Ce domaine est aussi spécifique puisque la demande mondiale de médicament augmentait à un rythme très élevé, vu la vieillesse de la population occidentale, encore plus vis-à-vis de cette lutte épidémiologique. Alors, la décision prise par Andry Rajoelina d’interdire l’exportation de la plante destinée à remédier aux contaminations du coronavirus, est un système qui va conduire l’État malagasy vers l’industrialisation. Car, d’une part, traiter environ trente millions de malades de la pandémie covid19 nécessite une production industrielle. Sa détermination permet donc à l’État malagasy de produire de façon exclusive et à l’échelle mondiale les médicaments, voire le vaccin « Vita Malagasy », ou au moins, d’augmenter la chance pour la grande île de briller face à la concurrence qui pourrait survenir ; notamment de la Chine qui annonce avoir aussi trouvé un remède. Une situation qui confère à Madagascar la possibilité de réaliser un grand démarrage dans le commerce pharmaceutique mondiale.

Par ailleurs, l’interdiction d’exporter les plantes médicinales de Madagascar consiste à transformer l’île malagasy en zone attractive pour les chercheurs et d’implantation d’une unité de fabrication de médicaments, qui corollairement créera des emplois à Madagascar et accroîtra le PIB.

Andry Rajoelina se trouve donc devant une opportunité qui lui permet d’entrer dans l’histoire tout en conférant à Madagascar la possibilité d’accéder à l’émergence économique. L’avènement de l’économie des États-Unis lors de la première guerre mondiale, par l’entrée dans la société de consommation leur permettant de s’acquitter de leur dette de 3 milliards de dollars envers l’Europe peut servir d’exemple pour Madagascar ; car même la directrice du FMI Kristalina Georgieva a déjà anticipé les pires conséquences économiques depuis 1929 pour la crise sanitaire liée au coronavirus.

©Crédit Photo

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