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Covid-19 : Multiplication des cas à Madagascar

Depuis trois semaines le point Covid-19 journalier à Madagascar montre le début d’un graphe en forme de cloche, dans sa phase exponentielle. Dans la capitale, à Antananarivo, le taux de reproduction du virus a brutalement augmenté, on reporte des centaines de nouvelles contaminations chaque jour, le nombre des cas confirmés se multiple, le virus y circule activement et fait craindre un hiver meurtrier.

Des règles de confinement difficiles à (faire) respecter

Il faut l’admettre, les conditions socio-culturelle et économique d’une grande majorité de la population ne facilitent pas la mise en œuvre effective du confinement. L’État fait face à une réelle difficulté et devrait mettre en place des nouvelles solutions et apporter des réponses adaptées pour protéger la population. Entre promiscuité et extrême pauvreté, une grande partie de la population, oubliée, est très vulnérable face au Covid-19, notamment en raison de leur manque de moyens à se protéger, à se faire dépister et à se soigner. L’effort commun du confinement et de porter un masque qu’on leur demande sont tout sauf évidents. C’est difficile à suivre quand « on cherche aujourd’hui ce qu’on va manger aujourd’hui ». La population qui vit au jour le jour en dessous du seuil de pauvreté ne peut pas accéder aux moyens de prévention et aux structures de prises en charge coûteuses. Pour eux, se soigner est un véritable défi. Un ensemble de traitement préventif : vitamines, antibiotiques, huiles essentielles et quelques plantes médicinales coûterait 50 euros, presque la moitié du salaire minimum local. Mourir de faim ou de la maladie ? Ou les deux à la fois ? Ce sont les questions quotidiennes de nombreux Malagasy.

Dernier recours pour la survie

Les laisser dans leur état de pauvreté et d’insuffisance serait un suicide collectif. Car cette maladie ne fait pas la différence entre riches et pauvres. La Covid-19 a relevé le destin commun de l’humanité face à cette pandémie. L’effort commun de confinement doit être assorti d’une solution commune adaptée aux plus pauvres. On ne peut pas imposer les mêmes règles si les conditions initiales ne sont pas les mêmes. Se désolidariser des plus pauvres maintiendrait le pays dans une longue période de confinement et soumettrait tout le monde à subir son cortège de crises qui vont avec. La solidarité est plus que jamais le dernier recours pour la survie.

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