Madagascar : la véritable situation sur le plan sanitaire

Une guerre de communication se tient concernant la situation sanitaire de Madagascar. À éplucher la presse internationale, le sentiment qui prédomine est celui d’une Grande île se trouvant à l’agonie, sur le plan sanitaire, dans l’incapacité à gérer les cas repérés de « variants » arrivés à un pic au cours du mois d’avril. Mais sur place, il semble que la situation est tout autre, très éloignée de l’inquiétude, un tant soit peu exagérée par la presse occidentale.

À l’international, Madagascar est devenu un terrain d’étude, suscitant un vif intérêt quant à la gestion de la crise sanitaire par les autorités locales. D’un air innocent, nous pourrions nous interroger sur un tel émoi et autant de considérations accordées à un pays dit du sud. Il y a semble-t-il deux positions tendancieuses que l’on impute à Andry Rajoelina et qui continuent d’être perçues comme une relative arrogance, aux yeux des occidentaux. En effet, la décision de recourir à des solutions locales par le biais des plantes médicinales a été mal perçue notamment par l’ancienne puissance tutélaire, la France. La presse française ne cesse d’adresser des critiques ouvertes à l’encontre du remède malagasy, usant de dénigrement et allant jusqu’à crier à la supercherie. Si la prise de position jugée audacieuse du président malagasy a fait l’objet de critiques naguère, TV5 Monde ostracise tout comme ses confrères ladite solution malagasy, Covid Organics (CVO), d’où cette entrevue réalisée auprès de la prophétesse brésilienne, qui pour rappel, avait prédit que Madagascar inventerait un remède contre le Coronavirus. Cette prophétie a été racontée et diffusée au cours d’un documentaire sur la chaîne Viva, le 16 avril 2020, présentant in fine le produit pharmaceutique CVO.

L’interview de cette servante de Dieu sur la chaîne française un an après, tend à tort ou à raison, à discréditer la position malagasy et celle de son président. Autre grief qui reste en travers la gorge de l’Occident, est la position tranchée par le refus de vacciner la population locale ou bien d’en faire une priorité secondaire dans la lutte contre la pandémie. Andry Rajoelina, convaincu par les atouts de l’Institut Malagasy de Recherches Appliquées (IMRA) se défend par des arguments qui méritent une réflexion à minima, comme celle de la conservation des vaccins dans un pays aux températures élevées ou encore la réception de doses suffisantes dans un délai court, eu égard au contexte mondial de vaccination.

Les malagasy doivent se réapproprier la notion de patriote

Pour avoir décidé de faire de la politique, celle de savoir trancher dans une situation périlleuse, Andry Rajoelina et Madagascar se trouvent dans l’œil du cyclone. Dans cette guerre de propagande, les malagasy doivent faire preuve de maturité entre l’intérêt supérieur de la nation et le jeu politique ou politicien, souvent un instrument si attirant pour l’opposition visant à fragiliser le pouvoir sans mesurer les effets néfastes sur la scène internationale. In fine les media étrangers venus corroborer la thèse d’un pays à l’agonie trouveront toujours le moyen de nourrir leurs propagandes. Les hôpitaux étant insuffisants en nombre, la presse étrangère parviendra toujours à recueillir un ou des témoignages accablant puisque l’indigence de moyens ne date pas d’aujourd’hui, que cela en déplaise aux persifleurs du pouvoir, comme il y aura toujours des opposants qui se saisiront de la situation pour stigmatiser le régime en place. Les anti-CVO ont pilulé avant tout avènement d’une recherche montrant une quelconque efficacité de cette solution. Soyons mature dans le jugement de la situation et analysons-la en s’efforçant d’apprécier les moyens mis en œuvre pour sortir de cette vague qui nous espérons sera bientôt derrière nous.

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