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Symphonie d’une âme – Rocky A. Harry Rabaraona – INTERVIEW EXCLUSIVE

À l’occasion de la parution de son recueil de poésie « Symphonie d’une âme », retrouvez une interview exclusive de l’auteur-compositeur interprète et écrivain Rocky A. Harry Rabaraona accordée à Madagascar Média.


Madagascar Media : Rocky A. Harry Rabaraona, vous êtes plus connu en tant que chanteur du groupe Surf, un groupe Malagasy de renommée internationale, incontournable des années 60. Votre talent ne se limitent pas à la musique, vous écrivez aussi. Vous avez publié récemment un recueil de poèmes que vous avez appelé symphonie d’une âme. Le titre de votre ouvrage suggère qu’on est toujours dans le monde musical mais plutôt de la musique de l’âme. L’interview que vous avez donnée à l’équipe de France Ô nous ont largement donné envie d’en savoir plus sur votre livre. Pour notre plus grand plaisir, vous vous êtes très gentiment prêté au jeu des questions-réponses. Pouvez-vous nous décrire votre livre ?

Rocky A. Harry Rabaraona: J’ai écrit ce livre depuis mon adolescence. C’est un recueil de poèmes que j’avais gardé précieusement jusqu’à mon idée de le présenter à une maison d’édition.

Comme je l’ai écrit dans ma préface, « Symphonie d’une âme » est l’ensemble des notes, un arpège de la sensibilité de mon esprit et de mon cœur. Différentes nuances de tons, telle une œuvre musicale. Différentes teintes de couleurs d’un tableau d’un maître. Car tout est aussi symphonie ici-bas. La nature est une symphonie de la vie. L’amour est une symphonie de sentiments. La tristesse est une symphonie de malheurs. Le coucher et le lever du soleil sont des symphonies de couleurs.

« Symphonie d’une âme » reflète le son, les tonalités différentes de moi-même. Gai, farceur, triste, rieur, larmoyant, joyeux, maussade, sympathique, renfrogné, pensant, amoureux. Toute une gamme de qualificatifs propres à l’homme. Et une symphonie, musicalement parlant, est l’ensemble de rythmes, de sons et de mélodies que son auteur a ressenti pendant la composition du morceau.

Tour à tour douce, tendre, forte, accentuée, amoureuse, haineuse, triste, gaie, telle est la « Symphonie d’une âme », ma propre symphonie.

M.M. : Pouvez-vous nous raconter votre parcours dans l’écriture et la genèse de la « Symphonie d’une âme » ?

R.A.H.R. : J’ai suivi mes études primaires à l’école européenne Sadi Carnot de Diégo Suarez. À la distribution des prix de fin d’année, j’ai gagné le premier prix d’honneur et le prix de la bonne camaraderie, et on m’a remis un livre « L’île aux mouettes » de Jules Sandeau de l’Académie Française. J’ai dévoré ce livre qui m’a donné le goût et le plaisir de lire. Arrivé à Antananarivo, au collège Ste Famille (les frères maristes), j’ai par la suite été fasciné par les poètes français comme Lamartine, Ronsard, Boileau, etc… Même des poètes malagasy comme Jean-Joseph Rabearivelo, Flavien Ranaivo ou Jacques Rabemananjara. J’adorais les poèmes romantiques qui parlaient de la nature, de l’amour. Je lisais beaucoup de ces œuvres et cela, je crois, a ouvert mon esprit et mon cœur à écrire mes propres compositions. ‘Symphonie d’une âme » était le titre que j’ai choisi pour mon recueil. Et cela n’a pas changé depuis. La contemplation de la nature et l’amour en général étaient la base de mes inspirations. J’ai donc continué à écrire même avant, pendant et après les tournées des Surfs. Mes frères et sœurs me surnommaient « Mr Taratasy« ! Lorsque le groupe s’était dissout, mon envie d’écrire ne me quittait pas. Vous remarquerez que tous mes poèmes sont datés avec les villes où je les ai écrits.

M.M. : Il me semble que la musique et l’écriture ne font qu’un pour vous. Comment faites-vous pour passer d’un monde à un autre ?

R.A.H.R. : Oui. L’écriture et la musique pour moi ne font qu’un. D’ailleurs, quelques poèmes que j’ai écrits sont des chansons. Pour moi, les mots ont besoin de la musique pour être aimés et appréciés. Les gens adorent toujours les jolies paroles des chansons. Lorsque j’écris, c’est comme une romance qui traverse mon esprit et qui se pose sur les mots et les entoure. Une musique peut être jouée sans les mots, mais les mots sont faits pour l’accompagner. Je pense qu’il y avait un philosophe ou un écrivain, G. de Lévis, qui a écrit que « Le chant est à la parole ce que la peinture est au dessin». Je peux remplacer le mot « chant » par la « musique ».

« Symphonie d’une âme »

M.M. : Pour l’instant vous ne publiez qu’en langue française. Avez-vous la volonté de publier aussi de la littérature malagasy ? Quels horizons souhaitez-vous ajouter à votre catalogue ?

R.A.H.R. : Dans mon recueil de poèmes, j’ai écrit deux poèmes en malagasy: « Hariva ny andro » écrit à Antananarivo le 16 octobre 1967, et « Ankizy tapitrisa maro » écrit au Québec le 21 novembre 1989. C’est peut-être un tort d’avoir composé seulement deux poèmes dans ma langue maternelle, mais dans ce temps, mon éducation scolaire était en français, et donc, j’ai surtout appris plusieurs poètes dans la langue de Molière. J’étais de ce fait inspiré par ces auteurs. Je me suis dit que mon catalogue devrait être lu par les francophones du monde. C’était ambitieux mais atteindre ce but pour moi, ce serait merveilleux.

M.M. : L’un des problèmes des écrivains Malagasy est de trouver une maison d’édition. Pouvez-vous nous en dire plus sur la façon dont vous avez travaillé avec les Éditions du Panthéon ?

R.A.H.R. : J’ai d’abord pris contact avec deux maisons d’éditions qui m’ont refusé parce que les poèmes n’étaient pas dans leur « conception ». Finalement, les Éditions du Panthéon ont accepté mes œuvres. Ce fut alors un long cheminement : corrections sur corrections, traductions en français des poèmes malagasy et anglais, choix de la présentation, communications téléphoniques ou via internet fréquentes, etc… Tout cela pendant une période de trois mois avant l’accord final de la présentation du livre. Les Éditions du Panthéon ont  fait un travail exceptionnel tout en  me conseillant et surtout en respectant mes idées et l’originalité de mes œuvres. Un travail de professionnel. Lors de mon séjour à Paris pour le lancement de mon livre, j’ai été reçu avec beaucoup de respect, de cordialité et de simplicité.

M.M. : Comment voyez-vous la littérature Malagasy ? Quel est le rôle ou la place de la littérature dans le développement culturel du pays ?

R.A.H.R. : Lorsque j’étais à l’école, je lisais aussi et j’apprenais par cœur certains poèmes malagasy des auteurs que j’ai cités plus haut. Ce sont des œuvres d’une grande sensibilité, d’une ouverture sur leur d’âme, avec des tournures de phrases vraiment géniales. Malheureusement, dans ce temps, aucun éditeur malagasy ne pouvait présenter ces œuvres à cause des coûts de productions, etc… Mais maintenant, des éditeurs comme Tsipika sont conscients de protéger les œuvres de mes compatriotes et de les éditer de leur mieux. La littérature malagasy ne concerne malheureusement que les zanatany malagasy et ne peut être « internationaliser » à cause de la barrière de la langue, de la méconnaissance de notre langue à travers le monde.

M.M. : Votre dernier mot ?

R.A.H.R. : Je vous remercie de m’avoir invité sur Madagascar Media. Je tiens à saluer tous mes compatriotes et tous ceux qui vous lisent au pays ou à l’étranger. Car même si je vis au Canada, j’ai toujours en mémoire cette phrase d’un grand écrivain français, Chateaubriand (Le génie du Christianisme) :  « C’est lorsque nous sommes éloignés de notre pays que nous sentons surtout l’instinct qui nous y attache ».

Pour commander le livre :
Les Editions du Panthéon : 01 43 71 14 72  ou par internet:
https://www.editions-pantheon.fr/catalogue/symphonie-dune-ame/  

Je vous invite également à visiter le site officiel des Surfs:

http://lessurfs.e-monsite.com/

Mandrapitafa.

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