Covid-19 : CVO+ – Interview Exclusive du Directeur Général de Pharmalagasy, Pierre RAOELINA ANDRIAMBOLOLONA

Le traitement à base de plantes médicinales malgaches donne des résultats probants.

Une grande majorité des Malgaches utilisent les plantes pour prendre soin de leur santé et de leur corps. Face à la maladie, la logique de pensée malgache revient à traiter et soigner les malades avec les moyens simples et naturels à base de plante avant de recourir à des moyens plus sophistiqués tels que les médicaments. Une manière très imagée dans le style de la littérature orale malgache vient le confirmer, avec le proverbe : « Sery vitan’anamalaho, tsy hamonoana vantotr’akoho », on ne sacrifierait pas le poulet pour soigner un rhume pouvant aisément être guéri par la plante appelée Anamalaho. Autrement dit, le soin et le traitement par les plantes priment. Cette approche médicale par les plantes est une forme d’adaptation naturelle, efficace, pour un peuple qui vit au près de la nature. 75% des Malgaches vivent à la campagne, et utilisent les plantes qui se trouvent autour de leur maison, situées dans leur village, et dans les forêts. Depuis l’arrivée du SARS-CoV-2 causant la Covid-19 dans la Grande île, le recours aux plantes et à la médecine traditionnelle devient une démarche naturelle à Madagascar. Les chiffres sur la situation sanitaire sur la Covid-19 attestent l’efficacité des mesures préventives et des traitements locaux utilisés par les Malgaches, à 19 mois de la propagation mondiale de la Covid-19, le pays ne compte « que » 915 morts.

Madagascar Média a eu l’occasion d’interviewer Pierre RAOELINA ANDRIAMBOLOLONA, le directeur général de Pharmalagasy qui vient de publier récemment un communiqué de presse sur les résultats des recherches et essais cliniques menés dans le pays. Un effort remarquable sans précédant dans la lutte contre la Covid-19 avec un médicament à base de plantes médicinale, le CVO+. Leur étude montre un taux d’efficacité de 87,1% du CVO+, 70,45% des patients ont été guéris au bout de 14 jours de traitement avec le CVO+.

1- Madagascar Media (MM) : Pierre RAOELINA ANDRIAMBOLOLONA, Merci d’avoir choisi Madagascar Média pour parler du CVO+, des résultats récents de vos essais cliniques, votre dernier communiqué de presse célèbre à travers le CVO+, l’efficacité des plantes médicinales malgache et re-ouvre le débat sur l’importance de traiter et soigner d’abord.  Pouvez-vous nous retracer brièvement l’historique du CVO+, qu’est-ce que ce CVO+ ?

Pierre RAOELINA ANDRIAMBOLOLONA (PRA):

Au début de la pandémie de la Covid-19, début 2020, un certain nombre de scientifiques a proposé aux autorités, et avant tout au Président Andry Rajoelina, un remède à base d’Artemesia, une plante qui a fait ses preuves en Asie dans le traitement du paludisme.  De là, la mise au point et le lancement rapide du CV0 Tambavy sous la responsabilité de l’IMRA. Nos responsables étaient néanmoins conscients qu’il fallait approfondir les études, d’où l’expérimentation de l’artesunate injectable avec de la vitamine C à laquelle il n’a pas été donné suite, mais dont les résultats ont permis la mise au point dans sa composition et sa forme galénique du CVO+ gélules préventives puis curative.

2- Quels étaient les objectifs des essais cliniques que vous avez menées ? 

De l’expérimentation de l’artesunate injectable qui était la phase 2 des essais cliniques, on a donc pu formuler le CV0+ gélules dont les tests in vitro et in vivo étaient positifs, mais il convenait de mener des essais cliniques en grandeur nature afin de monter l’efficacité du produit, sur les formes légère et modérée de la Covid-19.  C’était l’objectif de ces essais cliniques phase 3. Il est important de préciser que Pharmalagasy est le promoteur de ces essais et l’investigation a été menée par le CNARP.

3- Quel protocole vous avez suivi et combien de temps pour mener les essais cliniques ?  Combien de patients ont été inclus dans l’étude, est-ce que leurs participations étaient bénévoles ? Quels sont les critères de sélection de ces patients ? Quels étaient les contrôles au cours de vos essais cliniques ?

Le protocole utilisé a été mis en place à partir du Master protocole de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Cette démarche a duré approximativement trois mois. Les essais ont donc démarré le 18 janvier 2021 et le recueil des données s’est achevée début juin. Ces essais ont été conduits sur la base du volontariat et d’ailleurs cela constitue une des conditions du Comité d’éthique. L’étude a suivi la bonne pratique clinique. Les patients devaient donner leurs accords écrits de participation, satisfaire à certaines conditions de santé et être disponible pour un suivi régulier durant 28 jours.

4- Est-ce que vous pouvez nous dire les observations ainsi que les résultats obtenus avec les patients n’ayant pas reçu le CVO+ ?

Il faut préciser que le test a été un test randomisé en double aveugle, ce qui signifie, que ce n’est qu’à la fin des essais, et après l’analyse des données recueillies en aveugle, que les scientifiques ont su quelle partie de patients avait reçu le traitement de CV0+ curatif et quelle partie de patients était le lot contrôle.

Covid-19 : CVO+ - Interview Exclusive du Directeur Général de Pharmalagasy, Pierre RAOELINA ANDRIAMBOLOLONA
Pharmalagasy, usine pharmaceutique malgache (Madagascar)

5- Quels résultats avez-vous observés et comment les interprétez-vous ?

Après 15 jours de traitement, mais avec un suivi à 28 jours, 87,1% des patients étaient guéris et même 70,45% des patients étaient déjà guéris au 14ème jour. Il est à noter également qu’aucun patient traité n’a évolué vers la forme grave de la Covid-19 et que toutes les fonctions hépatique, rénale et métabolique ont été conservées. L’étude a montré que le CVO+ curatif était efficace sur la forme légère et modérée de la COVID-19.

6- Quels impacts auront les résultats de ces essais cliniques sur la vie des Malgaches, mais aussi à la population mondiale ? Comptez-vous partager / publier ces données à la communauté scientifique internationale ? Est-ce que vous envisagez de mener d’autres études de plus grande envergure à l’échelle internationale ?

Bien entendu, la population malagasy sera la première bénéficiaire de ces essais cliniques. Nous avions déjà pris contact depuis plusieurs mois avec des correspondants étrangers et plusieurs pays ont manifesté leur intérêt pour nous en commander. Les essais ne s’arrêtent pas là, car des informations complémentaires sont en cours d’acquisition comme les séquençages de quelques souches que réalise en ce moment l’Institut Pasteur de Madagascar. Nous devons également passer à la phase 4 qui est la pharmacovigilance, c’est-à-dire le recueil et l’étude d’éventuels effets secondaires.

7- On parle aussi d’un autre médicament, à base de plante, le ED-1, Pharmalagasy est-il impliqué dans les essais cliniques en cours avec ce remède traditionnel ? Si oui, pouvez-vous nous partager les premiers résultats ?

Comme tout le monde, nous avons entendu parler de l’ED1 mais à notre connaissance, il n’y a pas eu d’essais cliniques. En tout cas Pharmalagasy n’y est pas impliqué.

8- Quelles sont les ambitions des Pharmalagasy dans la promotion et développement des médicaments à bases des plantes médicinales ?  Est-ce qu’il y a d’autres pistes de remèdes pour lutter contre la Covid-19 ?

Effectivement, le développement et la promotion de médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle malagasy figure parmi les trois axes stratégiques de Pharmalagasy. Notre ambition est de pouvoir les produire à l’échelle industrielle et les exporter dans le monde entier ! Nous allons continuer à exploiter les propriétés de l’Artemisia et de ses dérivés pour la lutte contre le diabète et le cancer notamment. En ce qui concerne la Covid-19 la recherche de nouveaux remèdes reste d’actualité !

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