Sélectionner une page

Madagascar : La force du Président sortant ?

Madagascar : La force du Président sortant ?
[social_warfare ]

« L’Afrique ne peut pas recevoir de leçons des pays occidentaux » a partagé Andry Rajoelina au cours d’un entretien accordé à L’express, en France. Si le président malagasy s’est toujours distingué par sa communication, cette phrase loin d’être anodine avait un objectif clair : adresser un message subliminal à la France. Madagascar s’inscrit dans une véritable politique étrangère. Au cours de cette dernière année de mandat, Andry Rajoelina se livre à deux combats menés conjointement, entre sa réélection et la conduite de sa nouvelle politique qu’il entend mener à l’avenir.

Madagascar continue de grandir dans le principe et le système inhérent à la démocratie. L’île va connaître un paradoxe, celui d’avoir un contexte local conduisant à une critique réelle voire à un embrasement selon certains observateurs. Puis en parallèle se dessine une image positive, vue de l’extérieur. Autrement dit, un président peut jouir d’une côte élevée à l’étranger et essuyer des critiques dans les affaires domestiques. Andry Rajoelina a considérablement investi la politique étrangère, à l’aune de l’expérience d’une mandature. Dans ce contexte, la relation franco-malagasy témoigne des paradoxes et de l’évolution des discours de part et d’autre. Cependant, il y a un élément qui a toujours été relevé auquel l’Afrique semble peu réceptive : sortir du sentimentalisme dans les relations avec les pays pour servir uniquement l’intérêt national, à travers des stratégies d’alliances. Madagascar s’inscrit désormais dans cette ligne comme en témoignent les dernières communications officielles. Finir avec des positions trop inféodées aux russes ou aux positions françaises, la présidence malagasy opte pour être amie avec tout le monde et ennemie avec personne pour le dire en toute simplicité.

Gagner en expérience et en humilité sera synonyme d’autorité ?

À Madagascar et ailleurs en Afrique, il est à relever qu’il y a très peu de clémence pour le premier exercice d’un Président. Si les chefs d’Etat africains ne reconnaissent pas leurs erreurs ou ne font pas preuve d’une profonde révision dans leurs positions,  il sera alors difficile de changer des mentalités au sein des populations. Andry Rajoelina a une particularité d’avoir occupé un poste de Président de la transition avec ses travers et ses avantages. En réalité, la vraie mandature demeure celle qui est en passe de s’achever en cette année 2023. In fine Madagascar doit maintenant apprendre à grandir et se reconnaître en jeune démocratie. Par ce biais, la grande île concédera une humilité nécessaire. Elle construira aussi un avenir radieux par ses expériences menées pas à pas, année après année, mandat après mandat.

[social_warfare ]

A propos de l'auteur

Gregory SILENY

CO-FONDATEUR & REDACTEUR EN CHEF
Spécialisé dans la communication et l'analyse politique. Il intervient notamment sur les médias spécialisés sur l'Afrique.
gregory.sileny@madagascar-media.com

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *