Andry RAJOELINA : Une opposition en colère ?

Le samedi 17 juillet, sur la place de la République à Paris, des manifestants emmenés par l’ancienne candidate à la Présidentielle 2018, Madame Fanirisoa Ernaivo qui préside actuellement la Plateforme des partis de l’opposition (RMDM) en France,  sont venus exprimer leurs colères à l’égard du régime en place. Si ce mouvement a réuni peu de malagasy, il symbolise inéluctablement une zone de forte turbulence pour Andry Rajoelina.

Les motifs invoqués pour s’opposer à la gouvernance d’Andry  Rajoelina étaient jusqu’à présent exogènes : Covid-19, changement climatique dans le sud, crise économique mondiale. Désormais, une perte de confiance semble régner. Ainsi, une opposition tente éperdument de tirer son épingle du jeu. La question que tout le monde est en droit de se poser, pourquoi assistons-nous à la fomentation d’une opposition à Madagascar ? Si les critiques intègrent la vie démocratique d’un pays, nous pouvons nous étonner des reproches adressés aux autorités dans le contexte actuel à Madagascar. La crise économique et sanitaire est sans précédent. La gouvernance d’un pays comme Madagascar, au passé récent tumultueux, est tout sauf une chose aisée et pour ces raisons, cela ne peut être attribué à l’unique responsabilité du président en exercice, Andry Rajoelina.

Polémique sur le nouveau statut de l’opposition

Une colère qui ne dit pas son nom : aide internationale

À Madagascar, il n’est pas toujours facile d’avoir un propos franc et direct. En réalité, la population s’indigne de toutes ces aides qui sont débloquées sans voir le fruit de toutes ses transactions. En 2020, Le Fonds Monétaire International a porté son aide à hauteur de 337,9 millions de dollars. S’ajoutent les aides de la Banque Mondiale soit 77 millions de dollars et les 11,39 millions de dollars de l’Union Européenne. Ce faisant, dans une amnésie générale, beaucoup semblent oublier que l’ancienne présidence, sous Hery Rajaonarimampianina avait glané 6,4 milliards de dollars dont 1,3 milliard de dollars garantis par la Banque mondiale entre 2016 et 2019. Ces chiffres astronomiques à l’échelle malagasy sont bien au-delà des recettes fiscales et autres revenus générés par l’État malagasy. Autrement dit dans une analyse faite sur une temporalité plus longue entre 2013 et 2020, nous parvenons à la conclusion que le rythme de l’aide internationale continue d’opérer sur des proportions relativement équivalentes, si ce n’est un peu plus, au sortir de la crise 2009-2013 et vient questionner plus globalement le système de gestion et d’allocations des fonds aux régions et aux populations. Plus qu’une présidence, plus qu’un homme, il convient de nous interroger sur le système malagasy qui semble se poursuivre indépendamment des hommes et de la gouvernance.

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