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Politique intérieure

Politique : la Culture du résultat

Lors de la campagne présidentielle 2018, qui nous emmène à 2 années en arrière, Andry Rajoelina alors candidat, amenait une nouvelle dynamique, quant à la manière d’analyser la vie politique à Madagascar, la culture du chiffre. Cette méthode a le mérite de dépasser la partialité politique. On se souvient alors de tous ces constats sans appel, dressés l’un après l’autre, pointant les lacunes du régime en place ; la faible production énergétique de Madagascar avec 414 mégawatts pour tout le territoire en 2019 ou la paupérisation de la population qui touche plus de 70 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté et les points à améliorer comme le secteur du tourisme qui attire moins de 300 000 touristes par an, 700 000 de moins que le voisin Mauricien.


Cette culture du chiffre s’est poursuivie, après son élection et s’est étendue aux organisations de travail au sein des ministères à l’initiative de la présidence, sous le gouvernement de Christian Ntsay. Les Ministres ont tous été soumis à un contrat-programme pour rendre compte de leurs réalisations et de la bonne tenue des objectifs qui leurs étaient assignées et circonscrits dans la politique générale de l’État.  Les compte-rendu viennent d’être adressés au cours de ce mois de janvier à la présidence qui évaluera le travail de chaque ministère. Aujourd’hui, c’est au tour des 11 premiers gouverneurs nommés en attente des 22 autres, qui ont eu la joie ou la déception d’apprendre qu’ils seront soumis à cette exigence de résultats.

Peut-on transposer les méthodes de l’entreprise à la politique ?

À travers ces nouvelles méthodes, innovantes pour Madagascar, émergent la question de la pertinence des « process » souvent déployées dans le secteur privé transposable ou non dans le domaine de la politique. Le résultat est-il le seul moyen pour pallier l’immobilisme politique, l’arrivisme et la seule soif du pouvoir ? À y regarder de plus près, si le « politique » est devenu assujetti à des exigences à Madagascar, cela s’explique par l’avidité du pouvoir de certains, la corruption de décisionnaires et tout sentiment de cupidité. Enfin, l’incompétence commence aussi à pointer le bout de son nez dans la litanie de critiques acerbes sur les régimes successifs.

Le contrat-programme fera son effet si et seulement si des hommes éminemment importants subissent la dure loi du résultat pour en faire des exemples et une forme de jurisprudence. Si des hommes parviennent à tirer leur épingle du jeu, cela viendra aussi démontrer que la pression du résultat est vectrice de positivisme au bénéfice des populations. Le tant attendu résultat escompté sera aussi un moyen de réconcilier la classe politique avec les électeurs. Mais, il convient toujours de pondérer tout enthousiasme car la macroéconomie et la politique générale publique seront toujours au-devant de la critique des intellectuels composés de politologues et économistes. Les institutions comme la Banque Mondiale et le FMI sont attentives aussi au cadre politique institué par l’État à travers son taux de croissance et la redistribution de la richesse nationale via l’indicateur de développement humain. Autrement dit la politique est aussi une chaîne de maillons difficilement dissociables les uns des autres et lorsque le chef du gouvernement fait défaut, il est contraint de remettre sa démission. Est-ce que le remaniement ministériel passera uniquement par le biais du contrat-programme, les prochains conseils des ministres, institués le mercredi nous donnera les premières indications.

Rendez-vous le mercredi 22 janvier 2020 !

Grégory SILENY, Éditorialiste.

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