Quand la géopolitique tempère les soulèvements

Un peu de géopolitique et une ébauche d’analyse sur le monde et les relations internationales, dans Madagascar Media. Regardez ailleurs et vous verrez des voix se rallier à notre présidence malagasy :  Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Boris Johnson, Donald Trump, Pierre Nkunrunziza et Faure Gnassingbé[1]. Ces présidents en exercice ont en commun le fait d’être décriés, stigmatisés voire diabolisés pour certains d’entre eux. Est-ce que les procès d’intention dont ils font l’objet sont-ils justifiés ? On se dispensera de toute réponse car nous risquons d’entrer dans un long développement, éloigné de nos préoccupations insulaires.

Les nouvelles idéologies qui gagnent ces Présidents, à la tête de leurs nations, comme celle de Trump digne héritière de l’école de Silvio Berlusconi selon Raphael Glucksmann, empêtrée ou enjolivée de familiarités et rompant avec toute diplomatie traditionnelle, coexiste en parallèle une école belliciste ou guerrière soutenue par Erdogan, en Turquie, à laquelle d’autres dirigeants souscrivent totalement comme le Prince Mohamed Ben Salmane au sein de la monarchie saoudienne.

Le Président de Madagascar, Andry Rajoelina est très en retrait de toutes ces affaires portées au sommet de l’Etat. Même si des contradicteurs affirmeraient que la position sur l’échiquier du monde de Madagascar ne légitime pas de recourir à de telles postures, nous rétorquerons qu’aucun pays n’est à l’abri.

La vague socialiste en Amérique latine des années 2000 ne laissait guère entrevoir l’avènement d’un Jair Bolsonaro, décrit comme très autoritaire avec une appétence pour une politique drastique et sécuritaire à l’échelle locale. Dans une vague de nouvelles identités présidentielles, être représenté démocratiquement par un Président aux allures « normales » peut devenir un soulagement pour les populations. Alors quand le Président défend une idée d’émergence, de développement et souhaite une politique d’Etat  providence sur le plan social ou voir des projets d’infrastructures pour l’intérêt de la nation, il serait légitime, eu égard au contexte géopolitique de soutenir aujourd’hui le président en exercice mais aussi  le président de demain, avant qu’une nouvelle école dite de « rupture » nous gagne.

Grégory SILENY, Editorialiste.

[1] https://l-frii.com/togo-russie-faure-gnassingbe-annonce-a-sotchi-ce-mardi/

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