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Société

Madagascar : Prudence, apaisement et solidarité

Par Gilles SOFIER, Éditorialiste.


La pandémie frappe de plein fouet tous les concitoyens malagasy, entre les décès qui augmentent et la peur qui gagne sensiblement du terrain.

La  peur est ostensiblement palpable. Quotidiens, populations locales, membres de la diaspora. Tous, nous avons les yeux rivés sur Madagascar, pendant que l’inquiétude domine légitimement chaque concitoyen. Nous sommes tous patriotes, enracinés dans notre identité, éperdument attachés à Madagascar. Nous avons tous des proches au pays ou bien nous y sommes résidents et subissons de visu, une crise sans précédent. Aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer une catastrophe surnaturelle de plus pour la Grande île sous l’apparence, et l’identité d’un virus, appelé Covid-19. Si une demande à la prudence est quelque peu défendue, l’heure n’est pas à une quelconque opposition. Le temps de la politique politicienne, ou l’insurrection discursive, doit s’interrompre. La guerre dépasse les clivages appelant au seul intérêt supérieur de la nation. Faire fi de la couleur politique, des idéologies dominantes puisque cette crise sanitaire a démontré à l’ensemble des pays du concert des nations, la difficulté à endiguer la Covid-19 et à évaluer les politiques publiques. Il est vrai des pays ont fait montre d’une grande maîtrise et d’une ingéniosité remarquable avec des déploiements d’organisations qui méritent d’être analysés ou de s’en inspirer en toute simplicité. Sans évoquer la force des systèmes de santé et de prise en charge corrélées aux nouvelles technologies, faites de tests et de traçages, notamment.  Toutefois, personne peut s’enorgueillir d’avoir éradiqué ce virus susceptible de réapparaître inopinément comme c’est le cas, actuellement, en Corée du Sud. L’apaisement oblige aussi les « influents » ou « influenceurs constitués », ceux qui disposent d’un pouvoir de résonance, d’influence et d’impact, à employer une grande précaution sur tout message véhiculé. Les mots ont du sens et engagent ceux qui y vont sans ambages. La rhétorique « meurtrière » comme elle se déploie, peut être inappropriée ou vient alimenter la peur. L’attelage peur et pauvreté risque d’encourir à l’embrasement, d’autant plus que le foyer principal de contamination demeure la région d’Analamanga.

Les autres problèmes structurels du pays ne sont pas « confinés » ?

La solidarité ne doit pas être un vain mot. Tout le monde doit aider Madagascar. Si l’État tente de rassurer et aide les couches vulnérables par des aides inconditionnelles, la fragilité structurelle des institutions face à la pauvreté dominante au sein du peuple malagasy laisse la place au sentiment de désillusion. D’autant plus que la Région du Grand Sud continue de crier à l’aide, comme trop souvent. Le confinement aussi, bien qu’inéluctable, continue de produire des ravages à lui seul et chaque prise d’initiative ne semble en mesure de répondre ainsi aux problèmes de Madagascar. La Covid-19 se présente pour la Grande île comme aller en guerre sans l’utilisation d’armes. Une asymétrie dans le combat à mener. Le volontarisme devient louable, mais le combat semble trop grand. Néanmoins, restons tous unis.  Plus qu’une devise, un devoir civique. Cherchons de nouvelles mutualisations, sous-régionales voire multilatérales. La Chine et la Corée du Sud qui ont déployé deux méthodes totalement différentes dans l’approche de la gestion de la pandémie, sont prêts à aider tous les pays du monde. Le travail continu, actuellement à Madagascar,  fait de tests, de partages d’informations en temps réel doit aussi s’élargir au recensement de toutes les personnes appartenant à l’économie informelle. Autrement dit, profitons de ladite crise sanitaire pour qu’une grande partie des malagasy qui n’entrent pas dans les radars de l’État soient désormais identifiés. Réinventons notre système en déployant des cartographies, des recensements, de nouvelles logiques qui entrent déjà dans l’après-covid. Les moyens financiers alloués par les bailleurs de fonds, certes insuffisants, doivent servir aussi à remettre au centre de la société et de l’économie, le rôle attendu de l’État providence.

©Crédit photo

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