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Politique intérieure

Madagascar : pour une véritable opposition politique

Il y a quelques mois, un rendez-vous à Paris avait remis sous le feu des projecteurs, deux anciens chefs d’État, candidats perdants aux élections 2018, Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina.  Leur communication lancée à 13000 km de la Grande île fut remarquée, mais très loin de l’effet de bombe recherché par les deux figures importantes de la scène politique malagasy. En revanche, cette sortie aura eu le mérite de marquer le retour d’Hery Rajaonarimampianina qui s’était enfermé dans un mutisme étonnant, laissant à l’abandon son jeune parti politique, le HVM ; créé dans un contexte et un élan présidentiel. Les cadres du parti étaient privés successivement de législatives et de communales. Une frustration pour tout homme politique d’autant plus que cette situation est vouée à se répéter chez le HVM.  A la lecture des postures et des stratégies de communication, des uns et des autres, la jeune démocratie malgache, qui est en passe de fêter son soixantième anniversaire, manque de visions, de par ses hommes, quant au rôle à incarner pour une véritable opposition politique. Les recours et les moyens utilisés sont toujours les mêmes. La contestation du déroulement du scrutin quel qu’il soit, la prise d’assaut de la place du 13 mai et dans certains cas de figures, la tentation de l’alliance politique resurgit, peu importe le prix à payer. Ces carences politiques montrent au grand jour l’absence de programmes pour la population et de visions pour Madagascar. En allant plus loin dans la réflexion, on assiste à une désertification d’une classe intellectuelle pouvant distiller des outils et des nouvelles pensées politiques aux hommes de pouvoir.


Quelle incidence a-t-elle l’affaiblissement d’une opposition ?

L’opposition politique est l’une des assurances pour la bonne santé d’un pays. Elle a le mérite de faire émerger des hommes, de bouleverser les schémas et toutes pensées établies. Mais, à la lecture de cet éditorial, nos chers lecteurs diront légitimement, comment faire émerger une opposition de qualité ?

Une opposition intelligente se joue à trois niveaux : Aller dans les endroits les plus reculés de Madagascar pour recueillir les avis des concitoyens et analyser leurs préoccupations quotidiennes. Un antipode des campagnes toujours bordé par l’invasion de tee-shirt à l’effigie d’hommes de circonstances trop souvent éloignés de la population. Il s’agit du premier niveau. Le deuxième se joue au Parlement et au Sénat. S’investir pleinement dans le contrôle de la politique du gouvernement pour préparer les prochaines échéances mais aussi représenter dignement le peuple. Le troisième et dernier niveau est un travail invisible, souvent l’apanage des groupes de pensée qui vont réfléchir aux 5, 10 et 20 prochaines années du pays, ce qu’on appelle communément les Think Tank. De là, se construit un programme politique fait par des hommes de l’ombre qui donneront les ressorts nécessaires pour gouverner.

La conjonction de ces trois niveaux favorise l’émergence d’une opposition intelligente qui servirait le pays et la prétention légitime d’accéder au pouvoir.

Gregory SILENY, Editorialiste.

©Crédit photo

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