Confinement, dans la situation de survie…

Par Grégory SILENY, Éditorialiste.

Dans plusieurs pays du monde, dont l’Europe, nous avons été spectateurs de citoyens qui éprouvaient toutes les difficultés à respecter les règles de confinement voire à appliquer les gestes barrières. Une attitude qui met en danger non seulement les initiateurs mais surtout la communauté nationale, à l’échelle d’un pays.

À Madagascar, des images font apparaître des malgaches qui ne respecteraient pas le confinement. Le mot indiscipline a été alors utilisé. Alors qu’en Europe, des populations ne semblent pas appliquer toutes ces mesures préventives face au Coronavirus. Ceux-là participent à une possible propagation de la maladie. Sur l’île rouge, peut-on s’aventurer à évoquer une indiscipline pour une population extrêmement pauvre ? Dans cette invitation à un débat de fond, il n’en revient pas à remettre en cause les décisions prises par les autorités malgaches. Non plus le volontarisme déployé. En revanche, une vigilance sur l’utilisation des mots, la retranscription des situations doivent être de rigueur. Le rôle des media est déterminant. Ne pas tomber dans une similitude à l’occidentale est une ligne éthique à ajouter pour toutes les personnes qui relayent les informations autour de Madagascar. Il y a d’un côté l’action légitime via le plan d’action du Gouvernement. De l’autre, il y a la population qui semble très hétérogène.

Une population confinable, une autre difficilement atteignable

Les premiers à faire preuve d’irrévérence ont été les étrangers. Une personne venue de France, âgée de 61 ans, aurait contaminé plusieurs personnes dans la région de Fianarantsoa. Suite à une indiscipline manifeste de sa part. Pour ce qui est des malgaches, certains ont assurément la possibilité de se confiner. Par leurs positions sociales, ils se doivent d’être respectueux et conformistes. Une autre tranche de la population dispose d’une aide de l’État sur les Produits de Première Nécessité pour pallier leur manque à gagner. Ils sont aussi redevables vis-à-vis du pays de faire preuve de bonne volonté. En revanche, deux autres catégories de population émergent. Les personnes fragiles économiquement qui s’exposent à une remise en cause de leur mode de survie. Aucune projection possible pour ces malgaches. Leur vision au jour le jour ne peut s’accommoder du confinement. Des témoignages montrent leurs désarrois et leurs inquiétudes dans cette situation qui dure maintenant, depuis 4 semaines. Puis, se présentent les situations d’ignorance où des malgaches n’ont pas conscience du danger encouru. Le manque d’informations apparait comme un fléau de ladite « indiscipline ».

2 moyens pour détourner le confinement 

Les malgaches paupérisés ont donc poursuivi à investir les rues de la ville, comme c’est le cas à Antananarivo. Une difficulté non négligeable pour le gouvernement. Puis, d’autres ont eu la bonne idée, le temps en jugera, de pratiquer l’exode urbain. Des milliers de malgaches ont décidé de prendre d’assaut les transports en circulation pour rejoindre leurs régions natales. Face à cette recrudescence, le président Andry Rajoelina a décrété 3 jours pour le transport de voyageurs. L’objectif est de permettre aux personnes dans le besoin de rejoindre leur ville d’origine, dans un pays où tout est centralisé. Une liberté sous la condition de faire un dépistage. Comme ce fut prévisible, la gestion du Covid-19 à Madagascar s’avère d’une grande complexité. l’État tente de limiter tous les risques mais les impacts viennent perturber les plans initiaux à l’instar de ce décret. Ce n’est que le début…

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