Madagascar : Parler de l’impuissance des politiques

Le modèle malgache est une illusion

S’ils ont réussi et brillé dans leurs carrières professionnelles respectives, ils ont échoué en politique. Ils, ce sont les dirigeants politiques Malgaches.  Il faut se rendre à l’évidence que gouverner est très éloigné de la gestion d’une entreprise, ce n’est pas de l’improvisation non plus. Le constat est amer : Les 60 ans d’histoire post-coloniaux ne s’apparentent en rien à une quelconque gloire. Le pays s’est engouffré dans un tunnel sans issue, chaque année on avance en occupant le rang des pays les plus pauvres au monde. Nous avons expérimenté toutes les formes possibles de gouvernance et d’idéologies politiques, allant du socialisme, en passant par le nationalisme conservateur jusqu’au libéralisme, depuis la proclamation de l’indépendance jusqu’à nos jours. Il n’y a pas eu véritablement de formations politiques ayant réussi à surmonter les problèmes socio-économiques que vivent les Malgaches, ni des solutions innovantes ou d’idées transformationnelles proposées en capacité de mettre le pays sur les rails. À chaque fois, à la fin de leur mandat, chacun proclame qu’ils ont laissé le pays « en bon état », Ils ne voient rien de leurs erreurs ni de leurs errances idéologiques. Plutôt versés dans des luttes politico-politiciennes cycliques pour revenir au pouvoir, ils se sont réduits à faire de la politique une source d’enrichissement personnelle. Faire carrière en politique à Madagascar, c’est d’abord bénéficier des avantages des hauts fonctionnaires d’État, rouler en 4×4, et souvent profiter de l’impunité pendant l’exercice du pouvoir. Le modèle malgache est une illusion.

L’illusion des slogans

L’intérêt général est sacrifié sur l’autel de la corruption et des malversations. Comme tout va bien dans leur monde, ils ankylosent le pays par leur autosatisfaction aveuglante, leur vanité disproportionnée et leur arrogance suicidaire. Cet aveuglement d’en haut est au cœur de la décadence. L’échec des politiques malgaches est bien dissimulé dans des paroles qui fleurent la démagogie, le mensonge et l’imprévoyance maintes fois renouvelés lors des campagnes d’accession au pouvoir. Les discours valent plus que le travail, l’apparence que l’action. On ne pense que par slogans. Des adages à faire dormir debout jusqu’à frôler le religieux, le meilleur moyen pour endormir le peuple. Des tours de magies oratoires miroitant au peuple le mirage du pays cananéen. Le fossé entre les déclarations de propagandes et la pauvreté sur le terrain se creuse au fil des années et suscite le vertige dans un pays qui a tout pour réussir. Des belles formules incantatoires qui auraient pu réveiller le pays de sa torpeur, mais au contraire, elles ont plutôt œuvré pour accumuler davantage de pouvoir, et créer davantage d’illusions et de pauvreté. Désormais, La réussite sourit à celui qui pourra distribuer le plus de goodies. Les paradoxes se multiplient, la famine et la pénurie d’eau dans un pays tropical riche en terre cultivable, l’extrême pauvreté des territoires dans un pays qui exporte de l’or et s’assoit sur des richesses minières inestimables. 

Comment guérir le mal malgache ?

La situation économique et sociale se trouve chaque année en déclin. Cette course effrénée à l’échec nécessite urgemment des changements drastiques des pratiques politiques. La pauvreté du pays devrait interpeller plus d’un et appeler les politiques à un changement de paradigme, un changement de façon de faire pour se connecter au pays réel. La question de l’efficacité des politiques à guérir le mal malgache, à sortir le pays du gouffre où ils l’ont mené se pose aujourd’hui, à tous les dirigeants et ceux et celles qui aspirent à le devenir. Aujourd’hui, les politiques sont devenus relativement la faiblesse de ce pays alors que la force et l’essor du pays dépendent en grande partie d’eux. Est-ce que l’aveuglement et le manque d’efficacité des politiques continueraient-ils à saper les atouts et les potentiels intrinsèques du pays ? Avons-nous atteint la limite de l’absurde ? La réussite entrepreneuriale ne suffit pas. Il est temps de constater l’absurdité et les errances politiques de ces 60 dernières années, il est urgent de faire autrement.

La vocation en politique n’est pas de se faire servir, mais plutôt de servir et d’offrir ce qu’on a de meilleur. 

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