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Tournant panafricaniste à Iavoloha

À Madagascar, le Président Ratsiraka jouit d’une certaine renommée en Afrique. Même si son empreinte à Iavoloha demeure clivant, Andry Rajoelina vient apporter au débat malgacho-malagasy la question panafricaine.

Didier Ratsiraka avait une soif d’indépendance, aussi bien pour Madagascar que pour le continent. Du temps de sa présidence, il s’était érigé comme grand opposant au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale. Pour rappel, les années 90 marquées par les ajustements structurels ont fragilisé le pays et toute une série de pays africains. Les discours saupoudrés de grandiloquences étaient aussi une empreinte de cet ancien chef d’État malagasy. À l’Organisation de l’Unité Africaine devenue l’Union Africaine.  Il est vrai, après son passage, les Présidents malagasy étaient revenus principalement aux affaires domestiques. Les crises cycliques en interne  empêchaient toute velléité régionale ou continentale. Avec l’arrivée à Iavoloha d’Andry Rajoelina, le peuple malgache est témoin du nouveau rayonnement malagasy sur le continent. La venue de Paul Kagame lors de la fête nationale et durant sa première année du quinquennat vient en témoigner. Andry Rajoelina a également un profond respect pour son aîné Didier Ratsiraka, qui en plus de partager cette vision panafricaine, lui a offert une exposition notoire lors de la concertation nationale sur les îles malgaches de l’Océan Indien. La filiation était donc presque naturelle.  

Des intérêts malgaches sur le continent ?

Un pays proche géographiquement de Madagascar a toujours su tirer son épingle du jeu, à l’échelle africaine. En effet, le voisin Mauricien est considéré comme une locomotive du continent sur le plan économique. Économie diversifiée, taux de croissance remarquable, ouverture sur d’autres marchés économiques, comme l’Inde. Si l’Île Maurice est souvent érigée en modèle à Madagascar c’est étroitement lié aux points communs que nous partageons. Notre insularité, nos peuples métissés et même un conflit territorial avec la France. Tromelin pour Maurice, Iles Éparses pour Madagascar. Andry Rajoelina a souvent cité les chiffres impressionnants en matière de tourisme à Maurice avec ses 1.5 millions et demi de visiteurs annuels. Madagascar doit aussi reproduire le « miracle mauricien » en devenant une référence économique en Afrique. S’il fut un temps, les étudiants africains se bousculaient pour venir à Madagascar comme le Président Thomas Sankara. 

La référence panafricaniste cela dit en passant. Tout est envisageable pour Madagascar. Aujourd’hui, l’usine pharmaceutique et l’IMRA, demain ce sera notre culture culinaire, cinématographique, l’industrialisation de nos produits locaux. Si Madagascar jouit d’une image de « pays pauvre » en France, l’Afrique voit un véritable positivisme inhérent à Madagascar. L’absence de conflit ethnique, une succession de présidents à défaut d’alternance démocratique ont participé à cet optimisme. Le Covid-Organics offre une opportunité sans précédent de conquérir des marchés de la COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) et de la future ZLEC (Zone de Libre Échange Continental Africaine).

©Crédit photo – Mots et Murmures

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