Eric Zemmour Président ?

Eric Zemmour, candidat à la Présidentielle, n’appartient plus à de la « politique fiction », d’autant plus que le célèbre éditorialiste peine à dissimuler ses velléités. Le monde médiatique semble trop petit face à l’appétit du journaliste, la communauté « bien pensante » à court d’idée et démunie pour contrecarrer l’idéologie Zemourienne. Le journaliste du Figaro, devenu chroniqueur notamment dans l’émission « Salut les terriens » de Thierry, puis opérant au côté de son binôme Eric Naulleau sous le joug de Laurent Ruquier, n’a eu cesse de prendre du poids jusqu’à rendre ses idées populaires et devenir un candidat crédible pour les élections présidentielles de 2022.

Les medias ont enfanté Eric Zemmour dans un paysage où seule la pensée gauchiste régnait. Eric Zemmour est apparu comme un contestataire, un trublion, presque un « anti-système ». Le journaliste, féru d’histoire, a surfé sur une nostalgie de la France conquérante, puissante et forte de son empire jadis, outrepassant l’évolution du monde qui dérange tout autant les premières victimes : les classes prolétaires. La première décennie de ce siècle a été, pour le polémiste Eric Zemmour, la conquête des français qui ne se reconnaissent pas dans le nouveau monde, celui qui incorpore la mondialisation, la fin de l’État Nation remplacé par des entités supranationales à l’instar de l’Union Européenne. Zemmour y a déniché ainsi un public totalement conquis. Toute la droite républicaine décomplexée a convoité le non au référendum au sujet du traité de Lisbonne en 2005. L’après Sarkozy a donné lieu à une montée de l’islamisme avec comme marqueur l’affaire Merah. Sur ce volet, la diatribe de Zemmour a fini aussi par convaincre tout un potentiel électorat qui dépasse le périmètre historique du rassemblement national. L’idée du grand remplacement s’est infusée dans la pensée d’un grand nombre.

Une candidature affaiblissant Marine Lepen

Si les probabilités de voir Eric Zemmour à l’Élysée frôlent la nullité, en revanche, sa base électorale empiète sensiblement sur celle du Rassemblement National. Tout le monde

s’accorde à dire que les élections 2017 marquent un tournant. Celui d’écarter tout crédit autour d’une victoire électorale de Marine Lepen. Jugée trop clivante, trop amateure, trop stéréotypée et in fine trop isolée sur l’échiquier politique. Zemmour présente à minima l’avantage de plaire autant aux édiles parmi les républicains que les cadres du Rassemblement National. Il esquisse un début d’alliance qui demeure inconcevable pour le moment entre droite républicaine et droite frontiste. Ceci étant, Eric Zemmour n’entre pas dans une lignée politique indispensable à tout prétendant au revêtement de la présidence. Son image paraît plus républicaine n’en déplaise à Marine Lepen, ceci étant, Eric Zemmour n’est pas un homme du peuple, il n’a pas vocation à rassembler puisqu’il est enfermé dans son entre-soi, le monde mediatico-mondain, il recourt à une vision tranchée de manière systématique sans y apporter de nuance et de convergence. Son fonctionnement clivant ne  coïncide pas avec le rassemblement incarné par un chef d’état. Autrement dit, il ne sert, semble-t-il, qu’un intérêt, le sien et l’idée de retrouver la France de son enfance, la France qu’on lui a enseignée, la France qu’il a parcourue à travers ses historiens qu’il aime citer inlassablement. La France qu’il regrette n’est plus de ce monde car si elle se construit à partir du passé, c’est bien vers l’avenir qu’elle doit résolument se tourner. Semble-t-il l’avenir ne sert pas l’intérêt de Zemmour, car il s’agit bien d’une histoire passée qui l’a propulsé à son rang. Comment peut-il donc changer d’approche et envisager une autre histoire pour la France alors que cela s’oppose au monde qu’il a soutenu depuis plus de 15 ans au devant de toutes les tribunes qui lui ont été ouvertes ? Pourtant, il s’agit bien de ce changement de pensée qui pourrait le faire basculer définitivement dans le profil du candidat sérieux à la présidence pour 202(?)…

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