Covid-19 à Madagascar : Changement de cap

Cette fois-ci Andry Rajoelina a cédé à la pression exercée de toute part, en inscrivant Madagascar au programme Covax facility pour bénéficier des doses de vaccins. Si la société civile semble se satisfaire de cette décision, cette dernière démontre une certaine lucidité de la part des autorités, capables de revenir sur ce qui semblait acté définitivement ; mais elles s’exposent aussi à une campagne de dénigrement, à l’international.

La situation sanitaire actuelle à Madagascar a rendu la tâche plus difficile pour les autorités malagasy. Témoin d’une recrudescence des cas positifs à la Covid-19, une présence accrue de variants sud-africain et le manque de lits criants sont autant d’arguments qui ont poussé à des décisions radicales : une décision favorable à la vaccination, un couvre-feu, une fermeture de l’espace aérien y compris pour la ville touristique de Nosy-Be. Par conséquent les malagasy disposeront d’un choix cornélien entre recourir à la solution locale par le biais du Covid Organics, les remèdes locaux à base de plantes médicinales  et la solution vaccinale issue des grands laboratoires.


Cet article pourrait vous intéresser : Géopolitique des vaccins


Si nous n’avons pas encore connaissance des deux vaccins qui circuleront sur la Grande île, le Président continue d’accorder toute sa confiance au remède Tambavy CVO.

Les conséquences de ce choix vaccinal

Andry Rajoelina ne souhaitait pas exposer sa population à une dangerosité dévastatrice alors que la majorité des pays optent pour la solution vaccinale. Son refus initial était réfléchi et justifié. Toutefois, une forme de contrainte et de pression s’est installée, malgré les efforts consentis pour emporter cette bataille contre la Covid-19 en ayant recours à des solutions endogènes, celle-ci ne peut qu’être gagnante si une coalition de pays convaincus du CVO apporte un soutien indéfectible. La première bataille à gagner se situait donc sur le plan local parce que l’opposition et des membres de la société civile en ont fait une question politique, n’hésitant pas à critiquer ouvertement une invention, pourtant à l’initiative de l’IMRA, fleuron du savoir malagasy. Si les vaccins parviennent à lutter durablement en plus de la tisane à base d’Artemisia, tout le monde en sera ravi. Mais, plus qu’un vaccin, nous devons tous réfléchir à ce que nous souhaitons pour le devenir du pays. Poursuivre en limitant nos pensées et visions tout en continuant à vivre des solutions apportées par des autres, ou proposer une alternative qui parfois sera jugée risquée, mais ouvrira des perspectives en s’affirmant à partir de nos forces en notre sein…

Reply