Jacques CHIRAC et MADAGASCAR, parlons peu…

« Rien ni personne ne peut effacer le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui perdirent injustement la vie, et je m’associe avec respect à l’hommage qu’ils méritent. »

Sur la répression et le massacre de 1947, Jacques CHIRAC

Ce sont les mots qui ont accompagné le discours de Jacques Chirac lors de sa visite à Madagascar, en Juillet 2005, du temps de la présidence de Marc Ravalomanana. Pondérés pour les uns, reprochés pour sa tiédeur, pour les autres. Voici un échantillon de la diplomatie initiée par le Président Gaulliste.

Chirac, le Président apprécié

La mort de Jacques Chirac, le 26 septembre 2019, ne laisse pas insensible, ses phrases cultes ne cessent d’être reprises dans les media « notre maison brûle et tout le monde regarde ailleurs », « une histoire abracadabrantesque ». Très aimé par des populations et des Présidents comme en jugent les propos élogieux des Palestiniens interrogés sur sa disparition et des hauts représentants d’autres pays de la sous-région comme le Liban, l’Irak ou encore la Syrie. Rafic Hariri, Saddam Hussein, Hafez El Assad étaient tous des « amis » proches de Jacques Chirac parmi une liste exhaustive de dirigeants politiques. Dans une toute autre perception, les Israéliens[1] ne gardent pas un souvenir impérissable du Président français, tout comme en Afrique, où sa relation est jugée équivoque, à l’heure du bilan. Autant, il attire toute la sympathie des « Dinosaures » du continent à l’instar d’un Sassou Nguesso, Président en exercice au Congo, ou d’illustres anciens comme Gnassingbe Eyadema, au Togo, mais cette relation s’inscrivant dans la logique de la Françafrique suscite au combien une indignation dans l’analyse de la politique étrangère de Jacques Chirac au sein des populations du continent. Concernant la Grande île, la politique étrangère du fondateur du RPR[2], a été pragmatique dans une préservation des intérêts français. Opposé à Marc Ravalomanana en 2002, la France de Jacques Chirac était un soutien indéfectible à Didier Ratsiraka. Le cours de l’histoire ayant changé de camps, Jacques Chirac finira par suivre la communauté internationale dans la reconnaissance de l’élection du Président Ravalomanana dans un premier temps, puis, dans un second temps,  lors d’une visite diplomatique en 2005, il viendra renforcer les liens des deux pays « amis ». 

[1] La presse israélienne s’est montrée plutôt discrète sur le décès du Président français, car il est jugé comme étant Pro-Arabe et Palestinien. Ces derniers le lui rendent bien puisqu’une avenue porte le nom du Président français à Ramallah.

[2] Jacques Chirac est le fondateur du Parti situé à Droite de l’échiquier politique, le « Rassemblement Pour la République » (RPR). Le parti voit le jour, le 3 Octobre 1973, et lui permettra d’emporter la municipalité de Paris et l’élection présidentielle. 

[mo-optin-form id=2]

Reply