Madagascar : Comment créer le récit de la transformation ?

Le drame de Madagascar d’aujourd’hui

Les politiques Malagasy devraient être mal à l’aise quand nous observons l’état actuel du pays. De promesse électorale en promesse électorale, tant de démagogies ont été versées sans pour autant voir poindre le début d’une véritable renaissance ou transformation sociétale majeure. Le pays est en chute libre depuis plusieurs années, les fractures sociales sont béantes, les failles socio-économiques continuent à ébranler d’une manière chronique les pouvoirs politiques en place créant ainsi des instabilités cycliques, sans parler de leurs conséquences incommensurables sur le développement futur du pays. La Nation reste à construire. C’est le drame de Madagascar d’aujourd’hui. Le monde connu des Malagasy a connu, comme beaucoup d’autres pays africains le courant de colonisation qui l’a façonné et aujourd’hui les mentalités sont encore en prise avec les conséquences de ce fardeau historique. Un constat terrifiant nous tend à croire que la plupart des entreprises Malagasy ne connaîtraient pas la réussite s’il n’y aurait pas de « vazaha (ou étranger) » dans son administration. Esprit fataliste, manque d’ambition, absence d’expertise et formation inexistante constituent le terreau de l’immobilisme, de la défaite et de l’échec.

Comment activer la transformation

Comment alors activer la transformation du pays ?  Comment renouveler les mentalités ? Comment définir et raconter le besoin de changement et de transformation ?  Ces questions brûlantes nous mènent sur des nouvelles pistes d’idées transformatrices, des chantiers immenses tels que l’accès à l’éducation et à la formation, la destruction galopante de l’environnement, l’insécurité, l’industrialisation du pays, l’entrepreneuriat, la professionnalisation de l’agriculture, le statut des paysans, la recherche et le développement, l’accès à la santé, l’innovation,  la continuité de l’état et cætera et cætera. Autant de sujets qui aujourd’hui restent comme des chantiers désemparés et abandonnés. Les aborder offrent aux Malagasy des nouvelles options pour assurer le développement du pays, sortir de la pauvreté et s’engager dans la voie de la transformation. Car pour renaître, il faudrait se transformer. Mais comment l’activer ? Nous avons besoin d’un nouveau récit de transformation, qui saura incarner un changement au plus profond du pays, depuis les zones rurales jusqu’aux zones urbaines pour remettre l’économie, le développement, le social et le culturel Malagasy au même diapason pour tous et sur des trajectoires vertueuses. La création d’un avenir désirable pour chaque Malagasy est possible, mais il nous faudra trouver les forces d’action nécessaires aux transformations nécessaires. Il est temps de faire place au rêve, à l’ambition et la volonté de réussir aussi bien individuellement que collectivement pour que chaque Malagasy libère en lui les énergies positives transformatrices. C’est le temps de faire émerger un nouveau type de leadership politique, d’explorer des nouvelles idées motrices d’enrichissement et de libération sociale, d’encourager et faciliter l’entrepreneuriat, de trouver des nouveaux élans de préservation environnementale efficaces et pragmatiques adaptés aux divers aspects socio-culturels malagasy, de valoriser et promouvoir la richesse de la diversité culturelle du pays, etc.

De l’excellence sociétale pour transformer le pays

Cela ne se fera pas du jour au lendemain, il y a une nécessité de créer un environnement transitoire. Il faut rattraper le retard de développement, il faudra une génération, voire deux ou même trois pour que Madagascar ressuscite. Cela implique une vision plus élargie que les successions des mandats politiques limitants et limités. La réussite et la transformation se trouvent et se forgent dans la continuité d’une vision politique et patriotique unifiée des différents politiques successive à venir. Cela engage les politiques ainsi que les investisseurs de voir loin et de faire autrement, dans un esprit des grands bâtisseurs, des pionniers, de poursuivre ce qui a été mieux entrepris par le précédent, de s’affranchir de l’héritage des chasses aux sorcières et des destructions postélectorales. C’est tout cela la reconstruction de la maison commune, la Nation. Cela fait appel aux jeunes, aux agriculteurs, aux artisans, à toutes les professions de prendre en main les vrais enjeux, de se réveiller et ne pas crouler sous l’héritage des politiques inefficaces, se questionner sur sa place dans la société et se libérer des fardeaux politiques, culturels, historique et familial et à s’engager dans l’excellence sociétale pour la transformation du pays.

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