Madagascar : Oser le Changement

Alors que les pays occidentaux font leurs courses dans l’exploration spatiale dans un monde futur, à Madagascar la course est plus terre-à-terre, au jour le jour : On dort le soir le ventre vide, on se réveille le matin le ventre vide, on vit sa journée le ventre vide. On ne vit plus, on survit au jour le jour. Une grande partie de la population rurale vit dans la grande pauvreté chronique. Et pourtant, on y prône 60 années d’indépendance, on y célèbre une nature à 5 étoiles, on y produit des caviars, c’est le pays d’Ophir, on y trouve toute sorte d’or : de l’or rose, de l’or noir, de l’or vert, de l’or bleu etc …. Mais des multiples questions demeurent et appellent à ce qu’on y réponde avec courage et le plus honnêtement possible :  à qui profitent toutes ces richesses ? Le pays est-il vraiment libre de son héritage colonial ? Les façons de penser, d’agir et décider ont-elles vraiment changées ? Est-ce qu’il y a des changements et des évolutions des mentalités ? Il n’est pas si simple de répondre à toutes ces questions. Il n’est pas simple de changer de modèle économique et social aussi rapidement que l’on voudrait.

Si les politiques ont participé à l’état actuel où se trouve le pays, soit directement, soit en contribuant à la descente aux enfers du pays, d’années en années vers le rang des nations les plus pauvres au monde, il est tout à fait normal de ne plus croire à une nation qui se délite à vue d’œil. Mais chose merveilleuse, l’espoir est tout ce qui nous reste et il ne se trouve et ne pousse que dans les champs de ruines et dans la désolation. Il est possible de changer, de modifier la donne économiquement et socialement. Le véritable changement ne viendra pas des politiques, ces derniers nous ont prouvé de leur passivité et de leur incapacité à opérer le changement. L’évolution passera par le changement de la mentalité des malagasy eux-mêmes. C’est cela le véritable bouleversement sociétal dont l’impact économique sera palpable. Dans ce bouleversement, chaque malagasy est appelé à ne plus subir son quotidien, même si cela est le cas aujourd’hui, mais surtout de s’armer de connaissances et de créativité : d’apprendre. En fonction de l’expérience de chacun, de la place de l’éducation, les malagasy façonneront, tel le potier avec la glaise, le Madagascar rayonnant de demain. Mais pour cela il faudrait oser le changement.

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