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Société

Georges Floyd et l’importance du vivre ensemble

Le monde entier s’émeut pour le triste décès d’un afro-américain, à la suite d’une bavure policière, qualifiée de meurtre non prémédité, par le procureur américain en charge de cette affaire devenue nationale. Une fois de plus, les États-Unis écornent l’image de leur société, dominée par des communautés, méfiantes les unes des autres.

Il y a peu, nous évoquions le Rova et ses corollaires, à travers la question identitaire. Les politiques, tout pays confondu, balayent trop vite ce thème profond qui pourtant est un socle de toute entreprise nationale. Si les États-Unis n’ont toujours pas résolu la question des minorités américaines, malgré la lutte pour les droits civiques des noirs dans les années 60, la France, quant à elle, dans un schéma parfois similaire, a souffert du racisme que subissait une frange de sa population dans les années 80, à l’origine de la célèbre « marche des beurs, » aujourd’hui, ces modèles de société ne parviennent pas à transcender les différences. Le libéralisme mondialisé a participé à dénaturer les sociétés presque partout dans le monde. Dans un système où se sentent exclus une grande partie des populations. Rejetant ces nouvelles formes de mode de vie, des citoyens ont développé d’autres identités, éloignées du pays hôte. La religion, la culture du pays d’origine, des systèmes idéologiques alternatifs, que ce soit alimentaire, vestimentaire ou dans le consumérisme. 

Une mort tragique, théâtre de la haine

L’homme est de nature pécheresse selon la révélation divine chrétienne. La mort de Georges Floyd vient corroborer la violence ambiante entre l’infamie et la brutalité du monde. Nous autres, malagasy, nous sommes éloignés de cette exacerbation de la violence physique américaine. Mais la prudence est de mise lorsque la pauvreté témoigne aussi d’une relative dureté à Madagascar. Aujourd’hui, sortir le soir devient périlleux, tant les inégalités se sont creusées. À Tamatave, une bavure policière « aurait » même été commise, ce jeudi 4 Juin. Ceci étant, la variable économique et sociale participe au séparatisme. Souvent, à l’origine d’une société malade pouvant aller jusqu’aux pires atrocités. Des récupérations idéologiques naissent, comme le terrorisme dans les pays du sahel, ou à d’autres égards, des conflits ethniques jaillissent comme au Rwanda dans les années 90 entre Tutsi et hutu, ou même aujourd’hui, au Cameroun entre les francophones et le pouvoir central et la minorité anglophone. Le drame ne doit pas être le seul motif pour questionner son identité. Aujourd’hui, le Rova a ouvert un débat clivant autour de notre rapport à l’histoire et sur les fondements ancestraux de la société malagasy. Mais, il convient aussi de réfléchir à quel moment nous parvenons tous à dépasser toute opposition, et un entendement national apparait quel que soit les épreuves traversées. Barack Obama défendait cette idée de dépassement des clivages dans sa conception politique, et s’affranchir des « guerres », entre républicains et démocrates. Pour lui, c’était essentiel pour rassembler le pays, peut être aussi l’une des raisons pour laquelle la société américaine semblait plus pacifique du temps de son administration. Peut-être une douce représentation ou une brève nostalgie de ses partisans.

©Crédit photo – BFM Tv

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