Madagascar : Santé Publique – Des ogres impunis dépouillent les malades

Accès à la santé très inégal

Les narrations autour de la santé publique à Madagascar sont jonchées d’histoires tristes et malheureuses. De nombreuses vies auraient pu être sauvées si on avait diagnostiqué à temps, traité à temps les maladies ou encore si on avait les meilleurs soins et les prises en charge adaptées ?  Mais à Madagascar, pour être soigné, il faut d’abord être riche. Les meilleurs soins sont réservés aux gens qui ont l’argent et il faut avoir les moyens pour acheter les médicaments. Quant aux frais médicaux, l’écart par rapport à ce qu’on demande aux malades et le niveau de vie local dépasse l’entendement. Les factures des soins peuvent aller jusqu’à 700 millions ariary (versus 180 600 ariary le Smic malagasy). Ces extrêmes inégalités d’accès à la santé sont significatives et palpables dans le quotidien d’une grande majorité de Malgaches.



Des ogres et des malades

Au sein de la Grande Ile, le sermon d’Hippocrate est vite oublié, l’argent-roi a supplanté l’acte même de soigner pour devenir le moteur funeste de l’ensemble des infrastructures sanitaires et hospitalières au détriment des patients. Systématiquement, avant toute auscultation, diagnostic ou prise en charge : on vous posera la question : est-ce que vous avez de l’argent ? Quels sont vos moyens ? Les hôpitaux, les urgences sanitaires et l’ensemble des infrastructures sanitaires sont fortement gangrenés par cette pratique infâme de l’argent-roi passant avant l’acte de soin. Les soignants sont devenus des ogres, assoiffés d’argent dans un système bien huilé, car tout est construit pour soutirer le maximum d’argent aux patients et ce dans une impunité totale.

Santé pour tous, accessible, adapté et abordable

Comment alors se soigner décemment dans ces conditions-là ? Il devient urgent d’aborder la question de santé pour tous, accessible, adapté et abordable. Une approche structurée qui intègre une meilleure prise en charge des plus vulnérables, qui réfléchit à une meilleure organisation, et qui lutte contre les inégalités et les injustices sanitaires. Ouvrir le débat sur ces trois axes serait le début d’une volonté de réformer en profondeur le système de santé publique malgache.



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