Madagascar à l’heure de l’urgence sanitaire

Par Fabien RAKAZANDRAINIBE, Éditorialiste.

La grande crise sanitaire, que le pays n’a jamais connu

Madagascar regardait de loin l’apparition et l’évolution de la pandémie de Coronavirus Covid-19, jusqu’au vendredi 20 mars quand Rajoelina annonçait officiellement 3 cas importés sur l’île, des cas confirmés plus tard par l’Institut Pasteur de Tananarive. Le stade 1 de l’épidémie vient d’être franchi. Ces trois cas confirmés sont les trois arbres qui cachent la forêt et annoncent la grande crise sanitaire, que le pays n’a jamais connu, à venir. La particularité de ce virus est sa capacité à se propager facilement et rapidement, du fait qu’il se reproduit, se multiplie et se niche dans les voies respiratoires supérieures. Sa transmission sera facilitée d’une simple « petite » toux. Et comme les trois cas confirmés étaient arrivés sur l’île dans trois avions différents, ce serait donc plus des 300 passagers de ces 3 vols qui seraient exposés et auraient contracté le virus.

l’État d’urgence sanitaire décrété

La crise sanitaire inédite qui s’apprête à s’abattre sur le pays fait appel à l’unité nationale et surtout à une discipline individuelle drastique comme l’ont déjà démontré successivement les chinois, les Italiens, les Espagnols, les Américains, les Britanniques et les Français. Fort de ses observations, On penserait que Madagascar devrait avoir une petite avance dans la pédagogie de gestion de cette crise. Ce qui manquerait serait les ressources ainsi que les infrastructures pour faire face à ce qui va arriver. l’État devra trouver le moyen efficace pour transmettre efficacement les mesures préventives, principalement l’apprentissage des gestes barrières. Le pays est maintenant au stade 2, dont l’objectif des mesures préventives est de freiner la propagation du virus, avec la fermeture d’établissement scolaires à l’échelle nationale, annulation des manifestations publiques. À ce stade dans les autres pays, les déplacements sont déjà limités et la mise en quarantaine à l’échelle territoriale est déjà appliquée. Tel est aussi le cas à Madagascar. De plus, l’État vient de décréter l’État d’urgence sanitaire qui donne droit au président de la république de surveiller et limiter les déplacements des hommes ainsi que tout moyens de transports, la surveillance des chaînes d’approvisionnement et de commerces sur l’île.

La nécessité des nouvelles formes de solidarités nationales et internationales

Le pays pourrait dès maintenant anticiper le stade 3 en renforçant les professionnels de santé et des forces de l’ordre, en appliquant des règles plus strictes de circulation et en mettant en place des plans de continuité pédagogiques des élèves et penser éventuellement comment l’État pourrait aider les entreprises locales, le secteur privé. Ces mesures nécessitent des moyens et des ressources. L’Europe prévoit plus de 300 milliards pour la mise en place de ces mesures. Qu’en est-il pour Madagascar ? On constate l’inégalité des moyens de luttes contre cette maladie. L’accès internet de tous les malgaches devra-t-il être rendu gratuit pendant cette période de crise pour que les milliers d’écoliers et de collégiens puissent avoir accès aux différentes plateformes de savoirs et de connaissances ? Est-ce que l’État devra-t-il demander aux maisons d’édition en Europe de rendre aussi disponibles et gratuits les manuels d’éducation en ligne pour traverser cette crise ? Des nouvelles formes de solidarités nationales et internationales sont à inventer et à mettre en place.

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