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Madagascar : Une nouvelle conception de la réussite rurale

Insuffisance alimentaire

Pendant des années, les Malagasy se sont habitués à vivre dans de nombreuses insuffisances, la liste est longue mais pour n’en citer que quelques-unes, elles peuvent être d’ordre alimentaire, sanitaire, économique, éducative, culturelle etc. celle de l’alimentaire est déroutante. Cette incompréhension est justifiée au vu de la densité de la population et des terres cultivables disponibles pouvant subvenir et répondre largement aux besoins locaux. D’une promesse électorale à une autre, on promettait aux Malagasy l’autonomie alimentaire.  Les gouvernements successifs sans culture de résultats ont échoué, puisque de nombreux Malagasy meurent encore et toujours de faim. Ce constat tragique nous pousse à la réflexion sur le rôle de l’État et son efficacité pour atteindre l’objectif qu’est l’autonomie alimentaire. De plus, la pandémie du coronavirus aurait réveillé nos consciences de retrouver une certaine autonomie sur tous les aspects stratégiques du besoin du pays. Depuis la fermeture des frontières, seuls les vols cargos continuent d’approvisionner Madagascar des produits alimentaires de base, mais cela est-il vital sur le long terme ? Devrions-nous continuer à importer nos denrées alimentaires ou enfin commencer une véritable réflexion sur la mise en place d’une politique agricole visant à développer la production locale nous menant vers l’autonomie alimentaire.


Réimposer une nouvelle conception de réussite rurale

Dans le contexte sanitaire actuel et ses conséquences liées au confinement du pays, il est facile d’imaginer et rêver à l’autonomie alimentaire.  Mais le pas entre rêver et réaliser semble être un grand écart pour la Grande Ile. Il nécessiterait une refondation profonde de la pensée de la population rurale en contact avec la terre. Produire plus, pour gagner plus. Ce changement impliquerait un nouvel état d’esprit de liberté « positive » : obtenir les moyens matériels d’atteindre ses propres objectifs. Il s’agit de concilier la culture de réussite à la relation avec la terre, à l’agriculture. Ce changement à la base est avant tout culturel, il est aussi la condition sine qua non de la réussite de la transition de la production familiale à une échelle plus grande, locale, régionale, voire internationale. L’État dans ce cas jouerait le rôle de catalyseur en construisant des routes, en désenclavant les villages, en favorisant les échanges et en facilitant les commerces intra- et inter-régions. Nous devons reconnaître la fragilité du système agraire Malagasy. Il repose sur une production limitée à la famille, ne pouvant pas subvenir aux besoins de nombreuses familles vivant en zone rurale qui sont, chaque année, sans cesse menacées par la période de soudure. La famine guette dans certaines régions de l’île. Sortir de cette complaisance à l’insuffisance permettrait donc d’instaurer une nouvelle relation avec la terre. Restaurer dans les pensées une certaine idée de l’abondance, une certaine idée de l’autonomie pour rompre avec la souffrance alimentaire en combattant l’impuissance et en tentant de réimposer une nouvelle conception de « Réussite rurale ». C’est pourquoi, ce changement agricole est avant tout un changement culturel et doit devenir un sujet d’actualité.

©Crédit photo 

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