Madagascar, un Peuple en deuil …

La date du 28 mars 2021 sera inscrite dans les livres d’histoire, après la disparition de l’un des grands acteurs de l’histoire politique de Madagascar, Didier Ratsiraka, lui qui a tenu un record de longévité au pouvoir, marqué par 23 ans de présence à la tête de l’État. Si les artistes rêvent secrètement de mourir sur scène, Didier Ratsiraka a dit au revoir en étant toujours un acteur de la scène politique, jusqu’à son dernier souffle.

Il y a des décès qui marquent plus que d’autres, parmi les hommages qui se sont succédé sur les réseaux sociaux, la classe politique n’était quant à elle, pas en reste et avare en éloges, le Président Andry Rajoelina est allé de son petit mot pour Deba en parlant « d’une disparition d’un illustre patriote ». Didier Ratsiraka résume par son parcours, le destin auquel a été confronté l’Afrique noire après la colonisation. Entre la volonté d’indépendance réelle et l’initiation d’une politique adaptée aux réalités locales, celui que nous appelons l’Amiral rouge a œuvré pour un socialisme malagasy circonscrit dans le boky meny (le livre rouge). Ces prises de position audacieuses à l’encontre de l’occident éduqueront les générations futures, au travers de ce qu’elles auront entendu de leurs aînés ou à la lecture des livres relatant l’histoire contemporaine malagasy, à commencer par cet échange avec l’historienne Cécile Lavrard-Meye dans l’ouvrage intitulé « Transition démocratique et pauvreté à Madagascar ».

Il a marqué plus que Madagascar, il laisse une empreinte sur le continent

Didier Ratsiraka symbolise une fierté pour le peuple malagasy et par extension pour l’Afrique noire, cependant, tout le monde n’est pas de cet avis et des reproches lui seront continuellement adressés, comme la crise de 1991 qui a débouché sur des morts tragiques de concitoyens. Toujours dans un esprit d’analyse, parler de Didier Ratsiraka sans l’introduire dans une perspective géopolitique et sur un contexte de relations internationales teintées de guerre froide, de la fin du bloc soviétique ou les prémices de la mondialisation ne feront qu’induire en erreur ses persifleurs. Dans l’histoire moderne de Madagascar, les flambeaux, les étendards, la constitution d’une vitrine malagasy sur le monde n’est pas assez riche pour balayer d’un revers de main, un homme qui a eu le mérite de faire trembler la puissance tutélaire que représente la France : Les îles éparses, le franc CFA, ce n’est en rien une politique vaine ou à minimiser sur le seul motif  et principe qu’il s’agit d’un socle pour continuer à construire…

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