Comment se manifeste le Patriotisme ?

La Patriotisme : l’amour de son pays

A chaque rencontre avec un compatriote, membre de la diaspora, la politique trouve toujours une place particulière dans les échanges. Elle déchaine les passions et tout le monde y va de son point de vue. C’est une fierté malagasy. Tous, nous souhaitons un développement pour le pays et tous projetons le meilleur pour nos gouvernants, c’est ce qu’on appelle le Patriotisme. Cependant, quand on se trouve aux manettes du pays, dans une situation sans précédent, où les urgences ne sont pas une, deux ou au nombre de trois, puisque tout est urgent, on se demande alors, où sont les solutions durables de manière à provoquer un électrochoc. Je ne suis pas un défenseur de la thérapie de choc, théorisée par l’économiste Milton Friedman, à l’origine de l’effondrement du Chili de Pinochet  ou encore de la politique d’austérité de Georges W. Bush, mené par un autre conseiller, descendant de l’école de Chicago en la personne de Donald Rumsfeld. Mais, impulser un rassemblement mobilisant toutes les forces vives de la nation devient un impératif pour retrouver le sens de l’intérêt général. Il paraît plus que pertinent de s’inscrire dans une telle dynamique, dans un pays comme Madagascar, morfondu dans les dernières places des classements internationaux. Lorsque Paul Kagame décide de faire de Kigali, l’une des villes les plus propres au monde, ce sont tous les rwandais qui sont mis à contribution avec des journées de travaux d’intérêt général, appelé l’Umuganda, « le jour de nettoyage », institué depuis 2007. La fameuse conférence nationale souveraine au Bénin en 1990, première en Afrique Francophone, marquée de l’empreinte du rassemblement,  a ouvert la voie exemplaire de la démocratie, tant louée jusqu’aux récents remous initiés par Patrice Talon dans une réforme du code électoral, en 2018.

Trouver le consensus

Les entrepreneurs malagasy sont les grands absents du débat public. Les grands investisseurs du pays ont leur rôle à jouer au côté de l’Etat tout comme les jeunes malagasy qui ont intérêt à se lancer dans des starts-up, un secteur très prisé en Afrique via les NTIC. Le Kenya est un modèle dans le développement des nouvelles technologies où les jeunes ont intégré qu’ils pouvaient émerger sans aucun soutien de l’Etat, non par quelconque arrogance, mais juste par envie de se construire soi-même. On en revient toujours à la notion de responsabilité et de la place de chacun dans le projet de développement pour la nation.


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Déresponsabiliser et se Responsabiliser

Lionel Jospin, Premier Ministre et candidat aux élections de 2002 en France, a eu le tort de prononcer une phrase assassine alors qu’il jouissait d’une belle côte de popularité, en 2000, il admet d’une franchise :  « L’Etat ne peut pas tout ». Dans l’Afrique francophone, l’idée de copier le modèle français a trop tourmenté les dirigeants du continent, encore plus lorsqu’ils sont sortis des cursus scolaires ou des réseaux français. L’Etat doit insuffler une communication visant à responsabiliser tous les concitoyens pour obtenir un meilleur résultat. Une version de « l’Etat ne peut pas tout » qui se décline positivement renvoyant aux responsabilités des uns et des autres où chacun dispose d’une force nécessaire au redressement économique. Cela ne veut pas dire que l’Etat malagasy se dispense de toute politique sociale et de tout plan macroéconomique. Il ne fait que déplacer le curseur idéologique visant à démontrer que la situation dangereuse  où se trouve le pays n’est pas juste une affaire gouvernementale ou présidentielle mais bien nationale.

Gregory SILENY, Editorialiste.

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