La foi pour traverser l’épreuve du Covid-19

Par Fabien RAZAKANDRAINIBE, Éditorialiste.

Après 3 mois et demi de ravages de vies humaines1 par le Covid-19, et les confinements progressifs d’un pays à l’autre, une grande partie de l’humanité s’apprête à passer à une réflexion spirituelle facilitée par l’avènement de Pâque et du Ramadan. De nombreux croyants se sont unis dans la prière pour vivre pour la première fois Pâque en confinement, chez soi, individuellement ou en famille. Pour les chrétiens, l’union spirituelle est préservée malgré la segmentation de L’Église. Chaque organisation religieuse s’est préparée et s’est adaptée pour vivre ce moment unique de fondement de leur vie chrétienne.  Sans doute, les croyants ont une autre vision et perception de la situation de pandémie actuelle, comme une épreuve à traverser, mais avec l’attention particulière que l’espoir généré par leur foi les guide ; avec un cœur confiant que toutes choses concourent pour leur bien.


À voir, notre podcast : #AVLP – La religion à Madagascar


Madagascar est le seul pays au monde qui a organisé une séance de prière nationale pour lutter contre coronavirus. Et depuis, des chaines de prières continuent tous les jours à 21h dans chaque foyer croyant au-delà de toute appartenance religieuse. Pour tout esprit cartésien, athée ou agonistique, cela n’a pas de sens, mais pour les Malgaches croyants, depuis des siècles, la spiritualité a une place prépondérante dans leur vie, leur monde est partagé avec ceux des ancêtres, des esprits et de Dieu. Ce qui nous pousse à nous interroger sur l’efficacité de la prière ou d’avoir une spiritualité dans une période où une crise sanitaire majeure frappe et bouleverse le quotidien. Prier est-il salvateur ?

La foi, c’est être sûr de ce que l’on espère

Une prière est une démarche de la foi. Personne n’a vu Dieu mais on peut être inspiré par son Esprit. La lettre aux Hébreux définit ce qu’est la foi : « Mettre sa foi en Dieu, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas ». La foi est par conséquent un paradoxe, car elle n’exige ni opinion personnelle, ni évidence philosophique ou scientifique. Elle exige une seule et unique discipline rigoureuse : croire sans douter. Par la foi le croyant s’appuie sur Dieu qu’il ne voit pas et espère le monde encore à venir. La foi est donc intrinsèquement liée à l’espérance. En ces temps troubles, pleines d’incertitudes causés par ce Covid-19, la foi serait donc un refuge pour de nombreux croyants. Alors que le monde entier est frappé par la peur et l’anxiété, que la situation mondiale avec l’annonce au quotidien des nombres des morts croissant, jours après jour, peuvent paralyser beaucoup de gens, le croyant lui, cultive en son cœur une foi inébranlable qui lui donne la paix, dans son cœur et dans ses pensées. La foi et l’espérance lui permettent de puiser dans une force intérieure qui lui donne la clarté et la façon de traverser les moments difficiles. La prière et la foi ensemble développeraient la résilience. Desmond Tutu disait : « L’espoir est notre capacité à voir que la lumière est toujours là malgré les ténèbres ». Une attitude priante n’est donc pas nécessairement une démarche intéressée pour avoir une certaine guérison miraculeuse, elle permettrait surtout de regarder l’incertitude avec calme et clarté, d’affirmer que même au milieu de la peur, et de l’anxiété, nous avons toujours en nous la capacité créative de faire face à la situation et de l’utiliser pour faire advenir le futur qu’on espère, des nouvelles possibilités à créer ensemble.

[1] Au 13 avril 2020 : Cas conformés dans le monde : 1 850 527 ; décès conformés : 114 245 

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