Inondations : la région Nord-Est de Madagascar sous l’eau

Fortes inondations

L’image parle d’elle-même, une femme en pleurs, inconsolable dans les bras du Président, venu rapidement sur place constater la situation, apporter l’aide de l’État et déployer les moyens de sauvetage disponibles. Ces pleurs sont ceux de tous les malagasy sinistrés, les larmes de cette dame représentent les douleurs et le désarroi d’une population prise au dépourvu, impuissante manquant cruellement de moyens pour faire face aux inondations qui ont frappé leurs villes, leurs villages, suite aux fortes pluies, depuis dimanche 19 janvier. La maigre aide apportée par le service des urgences et de ripostes aux épidémies et catastrophes (SURECA) du Ministère de la santé publique est comme une bouée jetée dans la mer. Mais elle a sa raison d’être. La diaspora commence à s’organiser pour faire des collectes de fonds et de matériels pour venir en aide aux sinistrés.

Le Président de la République de Madagascar à Mahajamba, Madagascar

À Maevatanana, Mahajamba, Mitsinjo de la région de Boeny et Betsiboka dans la partie Nord-Est de l’île : ce sont les mêmes scènes de désolation : des villes entières sont inondées et coupées du monde, des routes coupées , les barrages cèdent à la force d’une nature devenue violente. Des hommes, des femmes et des enfants sont sinistrés, sans rien à manger, un terrible cumul des intempéries et de la pauvreté endémique. Le nombre de morts augmente toutes les heures : 26 morts, une cinquantaine de disparus et 90 000 sinistrés. De surcroît des risques d’épidémies et d’insécurité alimentaires viennent s’ajouter à cette catastrophe naturelle et désastre humain.
Indécent et scandaleux, au même moment des « vazaha » jouent au kayak sur les crues impressionnantes de la rivière Betsiboka.

Des scènes de désolations qui seront amenées à se répéter dans le futur

Ces villes inondées et sinistrées pourraient être demain d’autres villes de Madagascar.  Le pays est au cœur même des trajectoires cycloniques tandis que les dérèglements climatiques planétaire ne vont pas arranger les choses dans les années à venir, ces mêmes scènes de désolations seront amenées à se répéter. Il est temps de lancer une accusation aux pollueurs de ce monde qui sont les pays les plus riches. Alors que ce sont les pays les plus pauvres comme Madagascar qui subissent les effets directs des agissements et décisions irresponsables venues d’ailleurs. Des voix doivent se lever pour que les pollueurs participent et paient à la reconstruction des villes sinistrées. Une caisse de solidarité climatique mondiale peut être instaurée pour venir en aide aux populations touchées partout dans le monde là où il y a des victimes de l’injustice climatique, à commencer par Madagascar, pour toutes les raisons que nous connaissons.

En attendant, sachant la forte probabilité de récurrence des ces situations de catastrophes climatiques, Et en parallèle, les cyclones vont être de plus en plus violents et fréquents. L’état malagasy doit se lancer dans la mise en place d’une politique de protection et d’accompagnement des populations sinistrées. Madagascar doit réfléchir à  la mise en œuvre des opérations de sauvetages opérationnelles rapides et efficaces à tout moment. Réfléchir à la construction des abris cycloniques dans toutes les provinces pour parer à toute les éventualités. Le pays est victime du dérèglement et de l’injustice climatique mais il est la responsabilité des ceux qui gouvernent d’anticiper et protéger la population par tous les moyens.

Toute l’équipe de Madagascar Média présente toutes ses condoléances aux familles qui ont perdu des êtres chers, nous adressons également nos encouragements à celles et ceux qui luttent pour sortir de cette situation. Saluons les actions admirables de sauvetages mises en œuvre par l’État ainsi que la solidarité de la diaspora qui s’organise.

Fabien G.RAZAKANDRAINIBE, Editorialiste.

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