L’industrie pharmaceutique Malagasy : tout est à construire

OFAFA, le phénix Malagasy

La date du mercredi 20 mai 2020 est à retenir dans l’histoire de l’industrie pharmaceutique Malagasy, le Conseil des Ministres vient d’entériner une décision quant à renaissance de l’Orinasa FAnamboarana FAnafody (OFAFA), ancien laboratoire pharmaceutique national. Le Covid-19 aura au moins la vertu de permettre à la reconstruction de l’industrie pharmaceutique du pays. Une crise de cette ampleur ne pouvait que susciter des interrogations autour de l’industrialisation du pays. Car effectivement, tout est à construire. La réouverture des portes de l’usine à fabrication de médicaments est une nouvelle grande étape majeure dans l’évolution du secteur pharmaceutique post-Covid-19 à Madagascar. Le succès inattendu du Covid Organics, le remède préventif local à base de plantes médicinales a fait en sorte que pour la première fois de son histoire, Madagascar n’a jamais autant brillé à l’échelle internationale. De nombreux chefs d’État Africains viennent frapper à la porte de la Grande Ile et dernièrement, l’OMS a fait volte-face, en voulant maintenant soutenir la Grande Ile pour aboutir à une reconnaissance internationale du remède Malgache, mettant ainsi fin à l’affrontement entre le pays et l’institution soupçonnée d’être sous l’influence des lobbys des grands groupes pharmaceutiques, d’influents donateurs. Fait surprenant encore Madagascar vient d’être élu membre du conseil exécutif de l’OMS pour 3 ans, c’est dire autant d’ouverture et de volonté d’une part pour avancer ensemble, pour faire avancer la phytothérapie. Mais d’autre part, cela pourrait constituer un frein, car étant même au cœur du système, le pays devrait composer, s’aligner et appliquer les décisions et les directives de l’Assemblée de la Santé qui pourraient ne pas faciliter l’avancée de la percée phytothérapique. Néanmoins, c’est déjà une victoire pour Madagascar.

La longue histoire de la médecine traditionnelle Malagasy

L’initiative pour obtenir une reconnaissance internationale du Covid-Organics s’inscrit dans la longue histoire de la médecine traditionnelle Malagasy. Les préceptes qui la définissent sont difficiles à appréhender pour les occidentaux. La médecine chez de nombreux Malagasy vivant pour la plupart en zone rurale mêle croyance, sacralité et savoirs ancestraux voire même une certaine cosmologie corrélative des forces qui entrent en équilibre entre le corps et le cosmos, tout cela transmis de génération en génération. Le cartésianisme tout puissant de la science a du mal à accepter avec humilité que des milliards des gens sur la planète utilisent et pratiquent la médecine traditionnelle comme solution première pour se guérir. Une vieille et importante tradition millénaire basée sur l’utilisation des plantes. Ce recours à la pharmacopée ne cherche pas à s’imposer mais plutôt à convaincre de son efficacité par des observations pratiques directes. C’est dire la place qu’elle occupe aujourd’hui dans la société Malagasy en complément des pratiques médicales occidentales qui tendent à s’imposer. Incontestablement, le Covid-Organics Malagasy attise la curiosité : quels sont ses secrets ? Ses mystères ? Ses recettes ?

Les nouveaux leviers pour l’essor économique du pays

La biodiversité et la richesse de la flore Malagasy constituent aujourd’hui des atouts dans le secteur pharmaceutique industriel. Ce sont véritablement des nouveaux leviers pour l’essor économique du pays. Mais tout reste à construire.  Comment le pays pourrait réussir ce pari ? Pour cela il est important de disposer d’un point de vue à la fois scientifique, technologique, industriel et international. Avec la réouverture de l’OFAFA, il est temps de mettre en œuvre un grand chantier national pour répertorier, inventorier et décrire les plantes, leurs propriétés thérapeutiques, la façon de les préparer, les différentes recettes et les prescriptions contre des maladies. Cette première étape avec les tradipraticiens éparpillés à travers l’île est indispensable pour enclencher l’étape suivante, avant la distribution et la commercialisation, qu’est la structuration, l’élaboration et la conception d’une nouvelle chaine de valeur des principes actifs pharmaceutiques « Vita Malagasy ». Ce sont les conditions de la construction et de la réussite de l’industrie pharmaceutique Malagasy. Le pays est en bonne position pour gagner ce pari non seulement pour rattraper le retard technologique sur la valorisation des médecines traditionnelles mais aussi apporter l’innovation dans l’industrie pharmaceutique dans le monde.

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