Intervention Hery Rajaonarimampianina : Un parfum d’amertume

Hery Rajaonarimpianina est très silencieux depuis sa déconvenue aux présidentielles, en 2018. Il avait tenté un premier come-back avec la présence remarquée de Marc Ravalomanana en 2019. Les débuts d’année sont propices à des nouveaux départs, et comme l’année précédente, le 4ème Président malagasy de ce 21ème siècle tente une excursion et revient au devant de la scène. Seul l’avenir nous dira, si le HVM, dont il revendique la paternité au passage, est en capacité d’exister sur la scène politique.



Lorsque nous prêtons attention aux mots, et à l’analyse de la situation de Madagascar selon le Président Rajaonarimpianina, il y a comme un goût amer qui transparait. Plus de 7 ans après son investiture et cette première expérience à la tête de l’État, les regrets sont nombreux. Madagascar était sorti de la crise politique inhérente à la transition, dégagé de l’isolement sur le plan international, délivré de la gouvernance sans partage de Marc Ravalomanana.

Madagascar avait toute la latitude pour mener une politique attrayante dans le secteur du tourisme, profiter de la situation géostratégique de la Grande île, développer ses infrastructures, profiter de manière intelligente des investissements croissants de la Chine, promouvoir l’autosuffisance alimentaire en donnant les moyens aux populations rurales et agricoles, initier une politique sous-régionale au sein de la SADC. Tous les voyants étaient au vert, la politique de relance économique devait marquer le quinquennat d’Hery Rajoanarimampianina. Comme en témoigne les niveaux de croissance de ce premier mandat qui ont atteint les 5%, même si celle-ci demeure une croissance « exclusive ». Autrement dit elle ne profite pas directement à la population malagasy.

Réécrire l’histoire de ce mandat

Hery Rajaonarimampianina souhaite plus que jamais imposer son statut d’homme d’État et faire valoir sa prise de hauteur. Justifiant ainsi son mutisme et la recherche systématique de l’intérêt supérieur de la nation, un discours qui peut plaire. Pourtant ses critiques acerbes qui visent son successeur Andry Rajoelina, tendent à passer sous silence que Madagascar vit la plus grande crise sanitaire de l’histoire, impactant des secteurs clés comme le tourisme, l’économie informelle, et par ricochet, les projets d’infrastructures, etc.



Les prises de positions sur des sujets chers à la population malagasy ne sont pas sans conséquences sur le plan diplomatique, comme les îles éparses et désormais le parti pris de la médecine traditionnelle au détriment de la vaccination. Si Hery Rajaonarimiampinana tente de réécrire l’histoire de son mandat en disant qu’il a permis le retour des bailleurs de fonds, d’avoir été le premier président à s’être retiré de sa fonction pour se présenter aux élections présidentielles 2018 et enfin il a accepté le résultat du vote qu’il juge imparfait offrant à Madagascar sa première alternance démocratique. Si seulement cela était vrai, il aurait eu une fin avec des honneurs qui ressemblent aujourd’hui à une lignée de Présidents africains qui acceptent désormais de se retirer de la vie politique, eu égard à la constitution de leurs pays comme Thomas Boni Yayi au Bénin et Mahamadou Issoufou au Niger. Cependant, en vérité, le peuple malagasy ne voulait plus de Hery Rajaonarimampianina qui avait une côte de popularité indigente, sanctionnée par un triste 8% glané aux élections présidentielles. Il y avait peut-être une prise de conscience chez le fondateur du HVM mais celle-ci était arrivée trop tard, bien trop tard…

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