Biden-Harris bat Trump : Victoire historique ?

Les élections américaines ont tenu en haleine le monde entier avec un dénouement digne d’un blockbuster Hollywoodien. Joe Biden devient ainsi le 46ème Président américain, âgé de 78 ans, il incarne un retour à la bonne et vieille Amérique que l’Occident soutenait ardemment dans les media et par l’intelligentsia y compris en France. Que va donner cette victoire des Démocrates avec à sa tête, la première femme de couleur noire à devenir vice-Présidente, Kamala Harris ?  

Les messages de félicitations se sont succédés depuis hier soir pour le nouveau Président américain, Joe Biden, plus vieux président à s’installer à la Maison Blanche – mais également pour Kamala Harris – Première femme à endosser ce costume de vice-président. Toutes les chancelleries du monde ont sûrement été soulagées de voir un dénouement face à ce qui aurait pu être un « sad end ». Dans cette euphorie américaine, où tous les yeux du monde étaient rivés sur la première puissance mondiale, Andry Rajoelina est allé également de son message sur Twitter « Madagascar se réjouit de travailler avec la nouvelle administration américaine », ne manquant pas de citer la nouvelle vice-présidente. Il s’agit du premier fait historique de cette victoire, appréciée comme étant celle d’un binôme. Une première dans la forme diplomatique puisque Emmanuel Macron aussi a tenu à adresser un message au « couple » fort de la nouvelle administration des États-Unis « nous avons beaucoup à faire pour relever les défis, aujourd’hui ».

Avant tout, ces élections américaines 2020, sans précédent marqueront l’histoire des États-Unis : l’intronisation du vote par correspondance, un dépouillement sur plusieurs jours, un contexte singulier lié à la Covid-19 et les plus de 230 000 pertes humaines sur le sol américain, un pays divisé et somme toute partagé entre deux candidats aux idéologies diamétralement opposées. La victoire de Joe Biden s’analyse comme un référendum pro ou anti-Trump. Maintenant, une partie de l’Amérique a les lèvres tout sourire de ne plus voir le milliardaire Donald Trump et ses nombreuses frasques politiques. Entre ses fervents supporters qui espéraient un second mandat et ses opposants qui exprimaient une honte dans l’image renvoyée par les États-Unis sur la scène internationale. Donald Trump était un président clivant qui jusqu’au bout a marqué de son empreinte dans ce qui sera donc son unique mandat.

Les limites des droites extrêmes ?

La défaite de Donald Trump est assurément la défaite des partis d’extrême droite – pour tous ces partis idéologiques aspirant à la présidence qui s’exposent à des limites dans le temps – de toutes politiques intérieures autour du protectionnisme et donc de l’America First de Trump. Surfant sur les problématiques endogènes, les disparités économiques, l’immigration et l’insécurité, à l’image de Trump, la conception de l’extrémisme ne parvient pas à fédérer au-delà de sa base électorale. Cette manière de faire de la politique aboutit à des clivages et une division très marquée. Aujourd’hui, tous les observateurs de la vie politique américaine s’accordent à dire qu’il y a 2 Amériques. Une Amérique blanche, rurale et appartenant à la classe moyenne, fondamentalement anti-immigration et une Amérique bourgeoise, libérale et ouverte sur le monde. À côté de cela, les minorités dont la communauté afro-américaine ont dû dans ce qui s’apparente un vote par défaut, se tourner vers le camp démocrate face à un Président qui ne leur a apporté aucun répit ou quelconque réconfort, notamment dans l’assassinat de George Floyd.

Quid pour l’Afrique et Madagascar ?

Quant à la politique étrangère et le continent africain, peut-on espérer autre chose de la part du président Joe Biden. Il semblerait que cela apparait encore flou parce qu’il fallait avant tout faire du « dégagisme » anti-Trump. Cependant, il y a fort à envisager un continuum de la politique impulsée par Barack Obama, du temps où Biden était vice-président, entre discours à tendance paternaliste et un investissement visant à contrecarrer l’influence chinoise. Car si un point commun semble rallier les deux ex-rivaux à la Présidentielle américaine, c’est sur la position américaine à tenir face à l’Empire du milieu, une America Great again.

D’autre avis de notre Editorialiste sur le même sujet : 

https://www.africaradio.com/podcasts/vendredi-c-est-permis-19-07-2019-21190

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