Une nouvelle guerre qui ne dit pas son nom

Madagascar Media ne pouvait se taire et rester dans un mutisme. Un enseignant, Samuel Patty, est mort décapité, pour avoir publié des caricatures de Muhammad (Mahomet). Puis, est venue une autre atrocité où 3 personnes ont été tuées, massacrées alors qu’ils priaient dans une église catholique, localisée du côté de Nice. Au détour de toutes ces horreurs, une conclusion paraît plus qu’évidente, la France est visée dans tout ce qu’elle représente. Il y avait déjà eu les attentats de Charlie Hebdo, le Stade de France et le Bataclan pour citer les événements les plus tragiques qui ont interpelé toute la communauté internationale. Ces scènes plus horribles les unes que les autres font oublier un temps soit peu la crise sanitaire, dans ce qui est considéré aujourd’hui comme une dureté de la vie. Toujours est-il, derrière l’innommable, appelé terrorisme conçu à des fins religieuses et politiques prend encore une tournure internationale et interroge sur nos démocraties et emmène le débat encore plus loin, semble-t-il. Car si la lutte contre le terrorisme est un combat mondial, puisqu’il vise à ébranler les fondements pacifiques tirés de la conférence de San Francisco à l’origine de la Charte des Nations-Unies, il revient à se poser sur les sous-bassement de la laïcité. Longtemps, la démocratie a fait l’objet de critiques acerbes, justifiées ou non, mais jamais, au demeurant, l’autre corolaire, la laïcité a déclenché une remise en question. Son principe tendait à se généraliser mondialement hormis les pays reconnus comme théocratiques ou érigés par une religion d’État. La France, modèle démocratique et laïque, a fait le choix d’une laïcité avec un fondement qui laisse transparaître un sentiment subrepticement « anti-religion ». Les poses dans lesquelles étaient caricaturées le prophète muhammad (Mahomet) n’étaient pas ou peu choquantes puisque seul le principe de la liberté prévaut selon les observateurs. Tout le contraire de la substance et la vigueur de la laïcité, qui repose sur le respect de toutes les croyances et la liberté de ne pas croire. Mais cette approche lancinante a semble-t-il brider la religion chrétienne et sa dominante catholique jusqu’alors majoritaire et surtout à la genèse de la culture Française, pour laisser une place vacante à l’Islam et par ricochet, à l’Islamisme. Ce dernier fait peur d’autant plus qu’aucun Chef d’État français n’a su éradiquer le fléau du radicalisme y compris de sa propre population, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron en passant par François Hollande. Ali Ammir Moezzi, chercheur et spécialiste de l’Islam corrobore cette idée selon laquelle l’islamisme y compris celui de DAESH fait partie de l’Islam. Une acception qui a toujours été rejetée par l’intelligentsia française, majoritairement de gauche. Ainsi, le radicalisme, cristallisé aujourd’hui dans le séparatisme par Emmanuel Macron, se propage, attire des adeptes et crée des ennemis de l’intérieur, contre la République Française.

Que dire de Madagascar dans un combat qui nous est totalement étranger

La question du terrorisme nous apprend qu’il ne faille jamais le minimiser ou l’occulter d’une politique générale. Sa faculté à se répandre à une vitesse virale, les conséquences désastreuses et impérieuses du terrorisme, font qu’il convient de l’appréhender en amont pour s’exonérer de tout mal irréversible. Andry Rajoelina n’a pas encore abordé une telle question dans sa politique intérieure, s’appuyant sur l’absence de faits avérés et de menaces potentielles. Son prédécesseur, Hery Rajaonarimampianina était plus volubile sur le sujet en raison des situations qui se sont manifestés au cours de son quinquennat, notamment durant son investiture ou bien lors de la fête de l’indépendance. Une chose est certaine, l’un des terreaux du radicalisme, prélude du terrorisme, reste la pauvreté endémique, or Madagascar est très pauvre par sa population. Aussi, plus les pétrodollars attireront Madagascar dans les nouvelles relations commerciales que se construisent légitimement les autorités, plus la question du terrorisme apparaîtra. Doit-on pour autant s’inquiéter d’une menace terroriste en terre malagasy ? Pour le moment, y répondre par la négative est une lapalissade mais affirmer son identité y compris religieuse lorsque nous connaissons la majorité chrétienne qui compose Madagascar, le rappeler et le meilleur moyen d’apprivoiser sa population.

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