Réussite malagasy : les Start-ups sont-elles la solution ?

Jirogasy, ce nom ne vous dit rien, de prime abord. Pourtant il s’agit manifestement d’un exemple de plus des potentialités en ressources humaines que regorge Madagascar.

Une start-up malagasy a fait le buzz. Deux jeunes malagasy, fondateurs de Jirogasy, se sont spécialisés dans l’ingénierie informatique. Après 2 années et quelques coups d’essai, nés de cette aventure entrepreneuriale qui a vu le jour en 2018, 2 associés issus d’une fratrie se sont distingués en créant le premier ordinateur 100% solaire. Vu de l’occident, cela peut surprendre sur les potentialités d’un tel produit. À Madagascar, et plus globalement en Afrique, cette idée ingénieuse est une révolution qui répond à un besoin ô combien important, puisque dans l’occupation des territoires et la densité de la population, une majorité des habitants résident en milieu rural. En effet, par cette innovation, les habitants des zones rurales accéderont plus aisément à l’informatique via ces ordinateurs solaires. Dans un contexte où seulement 23% de la population a accès à l’électricité, selon les données parues en 2016 ; soit moins d’1 malagasy sur 4, et 83% de la population vit en campagne. 

100% vita Malagasy, yes we can !

Si  cette start-up vient mettre en lumière les capacités intellectuelles et le savoir-faire de la jeunesse malagasy, dans un pays qui compte ¾ de sa population ayant moins de 25 ans, elle vient surtout rendre possible le 100% vita malagasy (100% made in Madagascar). Les matériaux utilisés sont tous issus de produits locaux recyclés. L’innovation est malagasy, la maintenance l’est tout autant, et la cible est le consommateur local. L’ONG Accessmad, qui officie dans l’accès à la promotion de l’éducation scientifique, ne s’est pas fait prier pour effectuer ses premières commandes auprès des deux frères de Jirogasy. D’autres devraient suivre – l’Etat sera vraisemblablement un accélérateur et promoteur de cette innovation- avec l’objectif de réduire sensiblement la fracture numérique, souvent reléguée à un second plan.

Plus qu’une innovation technologique, ce concept démontre que la construction d’un paradigme malagasy est envisageable et nécessaire. Un attelage comprenant le savoir-faire malagasy, la conjoncture économique et ses moyens limités, le recours à la jeunesse nationale et assouvir les besoins immenses et nombreux des consommateurs locaux, ces variables forment vraisemblablement pour tout entrepreneur l’équation vertueuse à trouver. Il y a fort à penser, dans cette lignée, que les starts up malagasy vont davantage s’inspirer du modèle Kenyan qui constitue une référence en Afrique subsaharienne.

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