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Economie

Madagascar : une réussite économique est-elle possible ?

Le talon d’Achille de Madagascar a toujours été son instabilité politique. Au cours de ce siècle, deux crises profondes ont perturbé Madagascar, 2002 et 2009. Des observateurs de la vie politique malagasy comme Philippe Rajaona voit du positif à ce qu’une « dictature éclairée » puisse émerger. Le mot est fort mais il fait sens, cherchant outre mesure un homme fort capable de respecter la démocratie tout en apportant une autorité durable plus que nécessaire. Le Rwanda de Paul Kagame inspire aux quatre coins du continent. La stabilité politique à Madagascar est presque acquise avec un exécutif fort d’une majorité parlementaire et une capitale aussi promise à la gouvernance IRD. La communication forte et omniprésente autour de la présidence a créé une effervescence à l’étranger et dans l’esprit des investisseurs. En revanche, il en faut encore plus pour attirer les investisseurs et les sécuriser pour décupler les transferts de fonds dans l’économie malagasy. La croissance économique doit être amplifiée, là où elle stagne et ne prend pas un envol alors que les potentialités de l’agriculture et de l’industrie sont des leviers d’attractivité.  Les infrastructures doivent se développer à un rythme accéléré (réseaux routiers, aéroports, hôtels, salles de conférences, bureaux), les délestages sont à proscrire et l’administration malagasy doit se moderniser et faciliter toutes les démarches des entités morales.

Le Togo qui est le pays en net progrès sur le continent, à l’inverse du climat politique qui y règne, où les sociétés bénéficient d’une facilitation de création,  les permis de construire sont peu onéreux et toutes les démarches administratives comme les titres de propriétés ou encore  l’accès à des crédits bancaires.  Enfin, l’État malagasy doit trouver le juste mélange entre une ouverture de son économie et des marchés, et une présence étatique nécessaire au cercle vertueux qui mène à la croissance inclusive.

Le Rwanda le modèle qui fait rêver

Si Andry Rajoelina a décidé de convier Paul Kagame comme invité d’honneur à la fête de l’indépendance en 2019, ce n’est tout sauf le fruit du hasard. L’un des dirigeants africains, les plus en vue et porteur d’une vision pour son pays, Paul Kagame affiche des résultats impressionnants. 4ème pays ayant un bon indice de perception de la corruption en Afrique, en 2016, le pays figure au 38ème rang des pays, en 2020, dans lesquels, il y fait bon d’investir ce qu’on appelle communément le climat des affaires selon doing business, soit le deuxième pays en Afrique derrière Maurice. Les « institutionnels » ont influé dans l’image plus que positive du Rwanda. En 2014, l’ONU n’hésitait pas à qualifier Kigali de capitale modèle en Afrique. Les équipes de Paul Kagame ont joué à part entière leur rôle de lobbying et de communication dépassant les seules frontières rwandaises.

Nos atouts pour mettre fin aux problèmes endémiques

Madagascar a le privilège d’avoir une solidarité nationale et de ne pas être aux prises aux fléaux africains que sont le terrorisme sous toutes ses formes. Al Shebab en Somalie, Boko Haram en Afrique de l’Ouest du côté du Nigeria et du Cameroun, Al Qaida Maghreb Islamique (Aqmi) au Sahel. Toutes ces organisations terroristes sont devenues les dernières gangrènes d’États, dévastés par la pauvreté comme dans la bande Sahélo-saharienne (BSS). Il est vrai, il existe quelques inquiétudes autour d’un terrorisme naissant à Madagascar avec la présence massive et historique de la communauté indienne aux origines chiites, quand bien même cette dernière demeure intégrée et s’exonère de toute forme de radicalisme et de prosélytisme dans leurs discours.  Un constat éloigné du Cardinal malgache Désire Tsarahazana qui a alerté les autorités de la Grande île sur la montée et les velléités des pays sunnites comme le Pakistan  «  L’augmentation de l’islamisme est palpable [à Madagas­car] ! C’est visible ! C’est une invasion ! Avec l’argent des pays du Golfe et du Pakistan on achète les gens : il y a des jeunes qui vont étudier en Arabie saoudite et quand ils reviennent à Madagascar, ils exercent les fonctions d’imam[1]. » Néanmoins, la situation reste paisible aujourd’hui où seule une vigilance règne, laissant place à un contexte relativement favorable sur le plan migratoire et géographique, par conséquent, Madagascar doit maintenant œuvrer pour un avenir radieux.

Gregory SILENY, Éditorialiste.

[1] Extrait d’un article de Madaplus, paru le vendredi 29 juin 2018.

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