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Madagascar à la croisée des chemins : entre l’élan de la Gen-Z, le pouvoir militaire et l’étau international

Madagascar à la croisée des chemins : entre l’élan de la Gen-Z, le pouvoir militaire et l’étau international
Les relations entre le gouvernement de transition ou la Présidence de la Refondation dirigée par le colonel Michaël Randrianirina et la Gen-Z Malagasy se résument aujourd’hui à une rupture de confiance et une impasse politique.Entre la fermeté de la Présidence de la Refondation, la persistance des revendications citoyennes et la vigilance serrée des instances régionales, le gouvernement de transition se retrouve au centre d’une équation politique complexe.Ainsi, la situation actuelle pourrait-elle être résumée du passage d’acteurs du changement à opposants ? De ce dialogue de sourds, il n’apparaîtrait alors qu’un blocage institutionnel face aux revendications et un durcissement d’ordre sécuritaire ?
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1) La désillusion de la Gen-Z : une « révolution » sous haute tension

Les jeunes activistes se sentent dépossédés de leur révolte. L’exclusion de la Gen-Z de la composition des instances gouvernementales et le maintien de figures politiques d’anciens régimes ont nourri une vive déception.La Gen-Z réclame, d’un côté, la refonte des Institutions héritées de l’ancien régime, des structures qui n’ont pas fait l’objet d’un assainissement crédible, notamment l’Assemblée nationale et la Haute Cour Constitutionnelle ainsi que la CENI, qu’elle juge corrompues et devenues illégitimes. La junte, de son côté, refuse au nom du maintien de la légalité et de la stabilité de l’État. C’est dire que les autorités privilégient une ligne répressive.Bien que le pouvoir tente de canaliser la jeunesse via des événements institutionnels tels le maintien des calendriers électoraux et les Concertations nationales des jeunes, il semblerait que les collectifs militants, surtout la frange la plus engagée des contestataires, rejetaient ces initiatives et les boycottaient, tout en dénonçant une tentative de cooptation politique.

2) Le processus du déroulement des Concertations nationales des jeunes

Depuis la phase de cadrage et le lancement officiel en avril 2026, l’objectif affiché était d’associer la jeunesse qui représente 70% de la population aux grandes décisions d’orientation nationale.Il y a eu cette phase de consultation décentralisée qui a duré 4 mois dans le but d’une organisation de débats et collecte d’aspirations dans les communes, districts et les 24 régions administratives du pays, impliquant diverses catégories de jeunes dont des étudiants, ruraux et travailleurs, ainsi que des personnes en situation de handicap.Ensuite, il y a eu cette phase de synthèse et de confrontation ayant duré 3 jours pour la restitution nationale avec la participation des délégués régionaux. Il est à préciser que les débats ont été marqués par d’intenses discussions entre l’État unitaire fortement décentralisé et un État fédéral, ainsi que l’instauration d’un Parlement des jeunes qui constituerait une représentation régionale.Enfin, il y a eu cette Remise officielle pour la transmission d’une Résolution finale en 61 points à la Présidence de la Refondation et aux entités coordinatrices dont le FFKM.

3) L’étau diplomatique : la SADC impose la rigueur du calendrier

Sur la scène internationale, la marge de manœuvre de la Présidence de la Refondation s’amenuise. La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) s’est imposée comme le principal régulateur de la crise et a réaffirmé, lors des récents sommets régionaux, des exigences strictes tels l’intégration absolue où le processus de transition ne peut se faire en vase clos mais doit intégrer la société civile, l’opposition et les représentants de la jeunesse, ainsi que le respect des échéances électorales où le référendum constitutionnel fixé pour mi-2027 et la présidentielle prévue à l’automne 2027 constituent des lignes rouges pour le rétablissement de la gouvernance démocratique.

4) Quelles issues probables vers une refondation et des élections inclusives

L’évolution de la situation dépendra de la capacité des acteurs à débloquer cette impasse. Néanmoins, à l’heure actuelle, l’issue pourra être choisie parmi trois scénarios.

4-a L’issue pacifique ou la canalisation institutionnelle
Le mécanisme consisterait à ce que les autorités concèdent une représentation effective et mesurable des jeunes au sein des organes de décision de la transition tel le Comité de Refondation, élaboration de la nouvelle Constitution et garantissent la libération des militants.

Le résultat serait d’avoir les collectifs de la Gen-Z qui se structurent en mouvements citoyens ou politiques capables de peser sur le référendum constitutionnel et l’élection présidentielle de 2027.

4-b Le statut quo tendu ou le pourrissement et le bras de fer permanent
On assisterait à un mécanisme où le pouvoir militaire maintient sa ligne autoritaire et déroule son calendrier sans infléchir sa politique. De son côté, la jeunesse reste organisée de façon horizontale et décentralisée via les réseaux sociaux pour mener des actions coup de poing et boycotter les assises officielles.

Le résultat serait une vague de défiances généralisées qui fragilise la légitimité des scrutins de 2027 et laisse le pays sous la menace permanente d’une nouvelle vague d’émeutes urbaines.

4-c L’issue de rupture ou l’escalade et la nouvelle crise sociale
Si la détérioration du quotidien, tels l’accès à l’eau, à l’électricité, et l’inflation ainsi que le chômage, s’aggrave sans réponse concrète, la colère de la jeunesse rejoint à nouveau le ras-le-bol de la population globale.

Le résultat serait un retour aux manifestations de masse et un risque de fracturation des forces armées face à l’incapacité de stabiliser le pays.

L’issue dépendra de la capacité du pouvoir militaire à offrir de vrais gages de refondation et de liberté d’expression, et de la capacité de la Gen-Z à transformer une révolte spontanée en une force d’alternative politique structurée avant les échéances de 2027.

Article rédigé par Lalaina RASOLONIRINA

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