Insécurité rurale à Madagascar : Craintes et Désarroi

Des populations rurales en proie au désarroi

Les faits sont d’une barbarie d’un autre temps : 19 morts, 300 maisons incendiés, et tout cela pour voler des zébus. La scène macabre se passe dans trois villages du Sud-Est de Madagascar, Morafeno, Benonoka et Ampahatelo. Impensable et incompréhensible, les criminels, appelés localement les dahalo, une armée de 150, ont réussi à disparaître dans la nature avec 500 zébus et trois otages.  Les dahalo lourdement armés sévissent et terrorisent les paysans sans défense depuis des années à Madagascar, mais l’État semble être impuissant face à l’insécurité grandissante dans ces régions les plus reculés du pays. L’idée de mettre des « puces » sur les zébus, promesse annoncée lors de la campagne électorale, aurait pu être une bonne idée pour traquer les dahalo avec leur butin.  Il faut admettre que le pays est confronté à un gros problème de grand banditisme, irrésolu depuis des années. Ce sont non seulement des crimes de vol, mais aussi de sang. On croirait que le temps est resté figé au Moyen Âge pour ces villages qui vivent dans la crainte, de manière cyclique ou récurrente les dahalo effrayent des populations paysannes traumatisées, tuées et dépouillées de leur seule source de richesse, les zébus. Ces dernières révèlent une réalité connue de tous, elles vivent dans l’inquiétude permanente avec un sentiment exacerbé d’insécurité par les massacres humains et les assauts de plus en plus violents et inhumains. Comment alors protéger ces populations rurales en proie au désarroi ?

Mettre les moyens pour protéger les populations rurales

Une présence plus importante sur le terrain pour rassurer la population ne semble pas arrêter les dahalo, puisque cette énième attaque violente des dahalo se passait au lendemain de l’inauguration d’une caserne de gendarmerie, proche du lieu de crime. Ce n’est plus le temps de faire l’état des lieux des violences causées par les dahalo. Remédier au problème des dahalo semble de plus en plus urgent après ces violences. D’autant plus que les statistiques des assauts et la barbarie des dahalo ne baissent pas. Il faudrait continuer le déploiement des forces armées au plus près des villages, par la mise en place des patrouilles régulières de la gendarmerie, et multiplier les casernes de proximité pour intensifier la protection des villages. S’il peut aider à traquer les dahalo jusque dans leur tanière, le puçage des zébus pourrait aider dans la traque. Il faudrait aussi faciliter la capacité des villageois à alerter par la mise en place des moyens de communications efficaces avec un numéro vert gratuit, relié à des forces mobiles et aéroportés disponibles pour une intervention à tout moment. Aussi, et le plus important, chercher d’où viennent les armes utilisées par les dahalo. 75% des Malgaches vivent en milieu rural, ils sont confrontés constamment à une situation sécuritaire grave, cela devrait interpeller l’état à chercher, trouver et mettre en œuvre des solutions efficaces avec des réponses et des interventions rapides. Il est tout à fait normal que les moyens pour protéger les populations rurales soient adaptés et conséquentes à la hauteur des violences perpétrées par les criminels, pour qu’elles ne soient plus les grands oubliés de la Nation. Beaucoup de paysans sont arrivés au bout de leur peur et leurs plaintes. Leur apporter les protections efficaces s’imposent comme une priorité.

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