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Gen-Z Malagasy : l’unité nationale gage d’un avenir durable et propice

Gen-Z Malagasy : l’unité nationale gage d’un avenir durable et propice
Depuis le 25 septembre de cette année 2025, beaucoup d’images ont circulé sur les canaux traditionnels des médias et sur les réseaux sociaux, beaucoup de paroles ont ainsi été prononcées et, depuis, autant d’encres ont également coulé afin de repenser ce qu’est la force de l’unité nationale.

Tout d’abord, un mot pour ceux et celles qui ont donné leurs vies en sacrifices, encore une fois, afin que le ton soit donné une bonne fois pour toute envers une rupture du passé jugé infructueux allant vers une refondation de toute la nation : Reposez en paix et courages aux familles et amis ainsi que les proches respectifs.

À Madagascar, l’année 2025 est marquée par une profonde instabilité politique à l’issue de contestations persistantes menées par des jeunes dites GEN-Z, représentés dans toute l’île, et a été suivie d’une période de transition politique (refondation-transition/transition politico-refondation) où, toujours est-il, un régime hybride (militaro-civil) voué à la refondation du pays tente de répondre aux exigences de ces derniers ainsi que les revendications de la population Malagasy : les forces vives de la nation des secteurs privé et public ; les travailleurs et syndicats ; les agriculteurs ; les étudiants et les enseignants, afin de mettre un terme à leurs calvaires quotidiens. Il s’agit principalement des coupures d’eau et d’électricité, l’irresponsabilité gouvernementale et la lutte contre la corruption.

Rappel des revendications principales de la GEN-Z

  1. Sociales : l’amélioration des conditions de vie et des services de base tels la fin des coupures d’eau et d’électricité. Elle constitue le point de départ de la contestation qui dénonce la mauvaise gestion de l’état déplorable de la société d’Etat « Jirama ».
  2. Lutte contre l’extrême pauvreté : la réclamation d’une amélioration du niveau de vie dans un pays où la majorité de la population vit sous le seuil de la pauvreté.
  3. Amélioration des infrastructures : les conditions de vie et d’étude dans les universités.
  4. Justice, intégrité et gouvernance : la fin de la corruption et du népotisme, ce qui dénonce la centralisation du système à travers un affichage d’un luxe indécent par les élites aux affaires et leur sbire contrastant avec la misère générale.
  5. Responsabilité gouvernementale et transparence : rendre des comptes et être transparents dans la gestion des ressources du pays.
  6. Justice : la liberté d’expression et celle de manifester a été bafouée. La jeunesse veut prendre en main leur destin et jouer ainsi rôle politique effectif.
  7. Revendications politiques spécifiques : la demande de réformes profondes et respect de la liberté d’expression ainsi que des principes démocratiques.
En résumé, la Gen-Z Malagasy exprime le sentiment de « il suffit » face à un système qu’elle juge corrompu, inefficace et méprisant de ses droits les plus fondamentaux (eau, électricité, dignité). Lequel est partagé avec l’ensemble de la société civile, les autres partis politiques et acteurs de la vie socio-économique de notre pays.

Cette génération se distingue par sa forme d’organisation dont l’outil central est composé des réseaux sociaux. Le point fort du mouvement consiste à mettre à jour l’idée que l’efficacité et la compétence doivent primer sur le népotisme et la corruption dans l’accès aux postes et au pouvoir.

Réponse du régime politique de la refondation actuellement

SNLCC 2025-2030 (Stratégie Nationale de Lutte Contre la Corruption) :

A la première vue, les objectifs et les mesures clés de cette stratégie placent la lutte contre la corruption à la priorité essentielle vers la refondation et la transition pour un développement futur : faire de Madagascar une « île d’intégrité » d’ici 2030, où l’impunité ne freine plus le développement durable, où le partage de la richesse nationale n’entraîne aucun déséquilibre au niveau du pays.
Différents domaines d’action y sont cités et accompagnés de mesures spécifiques ainsi que les secteurs ciblés, tel la prévention pour un renforcement des contrôles a priori et a posteriori pour lutter contre les marchés fictifs, et cela concerne tous les ministères.

Ensuite, d’autres domaines d’action concernent également les secteurs foncier et extractif en mettant en place de cliniques juridiques pour les victimes d’abus fonciers et l’annulation de titres obtenus de façon frauduleuse ainsi que l’intensification des contrôles sur la chaîne de la valeur de l’or et la fermeture des sites exploités illégalement. Cette stratégie cible la sauvegarde du foncier, des mines et de l’environnement.

Enfin, en ce qui concerne les autres secteurs, plus particulièrement ceux de l’éducation et des douanes qui relèvent des domaines d’action de l’administration et de la gouvernance, les mesures spécifiques reviennent sur le renforcement de la lutte contre la corruption dans les concours administratifs et la mise en place d’un système de suivi-évaluation pour mesurer l’efficacité de la stratégie (recommandation du PNUD).

En résumé, il y a d’un côté ce symbole qui représente l’idée d’une révolte contre l’ordre établi et l’aspiration à la liberté ainsi qu’à la justice faisant écho à l’identité mondiale de la GEN-Z. Puis de l’autre côté, il existe cette volonté de rupture chargée de positivité préparant l’avènement d’une ère nouvelle de libération de toute une nation. L’association de ces deux notions : révolution et rupture, pourrait passer communément pour briser le cercle vicieux d’une croissance faible et d’une pauvreté élevée.

En même temps, cette situation est non loin d’un impact sur les réformes économiques entravant la réalisation des objectifs de croissance. D’un côté, elle est perçue  » comme un nouveau frein au développement, augmentation de l’inflation et de la pauvreté. Et de l’autre côté, elle met en doute la confiance des investisseurs et conditionne l’accès aux financements extérieurs.
Des pistes existent afin de franchir ces obstacles structurels qui continuent d’enfermer le pays dans la pauvreté. Elles feront l’objet, toute proportion gardée, de la seconde partie de cette réflexion.

D’ores et déjà, le peuple Malagasy représenté par le mouvement GEN-Z dans toute l’île est donc un exemple de mobilisation unie par ce « ras le bol » face aux problèmes concrets de la vie quotidienne et aux injustices structurelles. La minimisation de la portée sociale du mouvement constitue un déni de l’autoritarisme et conduit horizontalement vers la répression, ce qui impliquerait à nouveau une solidarité, une unité nationale afin de préserver les générations futures.
Car le vol de la victoire de la révolution par la confiscation des élites politiques et militaires traditionnelles empressés de capter les bénéfices du changement restera toujours un défi.

Aussi, l’urgence consisterait-il au nettoyage du système et aux réformes structurelles ainsi qu’à la lutte contre la corruption de sorte qu’il existe bel et bien une preuve : celle de la capacité de la jeunesse GEN-Z, et toutes générations confondues, à renverser un régime.

Article rédigé par Lalaina RASOLONIRINA

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