La démocratie Fast-food

Au sein de la diaspora malagasy, première terre et cristallisation des critiques, pullulent les oppositions contre la politique des autorités locales. Les sujets ne manquent pas de faire réagir : Colisée, gestion de la crise Covid-19, les deniers publics, l’hyper présidentialisation…

5 ans, c’est court. 5 moins 1 est plus approprié puisque c’est le temps dont dispose un président à Madagascar pour sortir le pays d’une pauvreté structurelle. Si les critiques fusent, le temps lui est limité, jugé infime pour enfanter une politique durable à même de sortir de 60 ans d’indigence au sein de la Grande île. Le keré n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Tout le monde, tous les malagasy indépendamment de sa zone géographique a connaissance de la grande pauvreté de la Région du Grand Sud. Un marqueur du désenchantement politique ou de la faiblesse des autorités face à des problèmes criants et structurels. Le keré existait avant Andry Rajoelina, est-ce qu’il existera après, nous espérons tous que non. Ne pas faire l’unanimité n’est pas un apanage, comme tous les Présidents à Madagascar, les crises cycliques viennent nous le rappeler, les présidents sont tous logés à la même enseigne au sein du concert des nations.  Si, le régime actuel a pu jouir, après restitution, du dais royal de Ranavalona III, une relique royale, symbole de la souveraineté avant la colonisation, on impute la construction du Colisée, jugée anachronique, à Andry Rajoelina.

Quelle gouvernance pour Madagascar ?

La démocratie fast-food tend à tout critiquer, à mettre tout sur le même plan et à tout mettre sur le compte du Président. Comme si l’hyper présidentialisation ne s’arrêterait pas si une esquisse de responsabilité partagée débutait, si une esquisse de travail et de parti pris présidentiel commençaient, cela reviendrait à dire que le choix politique et le parti pris idéologique intègrent désormais la vie démocratique du pays. La démocratie fast-food fait presque oublier qu’un Président préside donc décide. Il œuvre dans ce qui lui semble bon pour son quinquennat mais aussi pour les générations futures. Un Colisée peut susciter des réactions impétueuses digne d’un « génocide culturel » comme le définissent certains et créer à l’opposée un plébiscite pour nos enfants d’aujourd’hui et la jeunesse de demain. Le débat a déjà été esquissé sur notre media. Plus qu’un avis sur la question, puisque c’est légitime et fondamental au débat contradictoire, et garantit la liberté d’expression, interrogeons-nous maintenant sur notre démocratie, qu’attendons-nous des autorités politiques dans une réalité malagasy, pays à la population pauvre, plus de 70% vivant sous assistance respiratoire d’aides internationales depuis trop longtemps, malheureusement ?

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