Océan indien et changement climatique : Une stratégie régionale serait-elle plus efficace ?

Tous concernés

Le combat contre le changement climatique et le développement durable sont au cœur des enjeux majeurs de notre génération. La crise sanitaire de la Covid-19 n’a fait que révéler les aspects fondamentaux de l’interdépendance entre l’Homme et la Nature dans toute sa globalité. La globalisation et la digitalisation galopante sont en train de former un nouveau monde composé de plusieurs niveaux d’interactions planétaires complexes. Cette complexité croissante nous pousse à ne plus voir que le bout de notre nez, autrement à ne plus traiter les problèmes qu’au niveau local. Mais nous sommes persuadés qu’une vision et une politique globale seraient nécessaires pour tacler les problèmes du climat, de la perte de la biodiversité et de la pollution. La fonte des glaciers ou la déforestation à Madagascar ou l’extinction d’une espèce ou la pollution de l’air à Pékin ou la marée noire à l’Ile Maurice devrait tous nous concerner. Notre planète a besoin d’un réveil des consciences de tout homme, de tous les horizons confondus pour inverser la tendance actuelle et investir ensemble pour un futur plus responsable et durable.

Stratégie régionale dans l’océan indien

Il semble que la crise sanitaire à l’échelle planétaire majeure comme celle de la Covid-19 aurait eu comme conséquence de commencer à réveiller la conscience globale. La nécessité d’une approche multilatérale sur des sujets mondiaux d’importance telles que les questions liées au changement climatique semble évidente.  « Nous avons plus que jamais besoin d’un changement significatif. Les défis environnementaux interconnectés et transfrontaliers nécessitent une résolution complexe et pour cela une coopération internationale » *. Ce sursaut de conscience global devrait se faire d’une manière progressive et passer d’abord par l’étape majeure d’une coopération régionale efficace. Madagascar ainsi que les îles de l’Océan Indien, à travers une diplomatie climatique multilatérale, pourraient donc trouver des terrains d’entente en matière de changement climatique, et ont intérêt à unir leurs forces et mettre en commun leur expertise pour peser sur l’échiquier international. Victimes chaque année de cyclones de plus en plus dévastateurs, les îles de l’océan indien devraient porter l’environnement et le climat à un niveau de priorité le plus élevé, non seulement pour protéger leurs populations mais aussi leur territoire. Les îles de l’Océan Indien pourraient s’engager ensemble dans une coopération environnementale régionale efficace, dépasser la notion de frontière pour faciliter un partenariat visant à faire de toute la région de l’Océan Indien la première zone durable et responsable au monde, promouvoir des actions communes récompensant les initiatives vertes socialement et environnementalement responsables, et pour enfin mieux gérer les crises climatiques ou environnementales de leur région avec des réponses structurelles fortes. La marée noire qui a frappé l’île Maurice devrait être une affaire régionale traitée à l’échelle régionale avec une réponse régionale. Vraisemblablement, les iles de l’Océan Indien pourraient mettre en place des moyens efficaces communs que l’on pourrait déployer à tout moment pour chaque pays qui en aurait besoin pour faire face aux aléas climatiques frappant souvent la région mais aussi à des accidents comme les marées noires, les cyclones, ou plus globalement pour protéger les faunes sous-marines de l’Océan Indien. Voilà un bon agenda à mettre en place pour les années à venir.

*Aksel Jakobsen, Secrétaire d’État Norvégien pour le développement international.

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