Que va apporter l’élection de Biden à Madagascar ?

Les États-Unis fascinent

Auréolé de la fonction suprême avec sa colistière Kamala Harris, la première femme de couleur à occuper le poste de Vice-président, Joe Biden sera le 46ème président des Etats-Unis. L’élection de ce duo gagnant extraordinaire est qualifié d’historique et ravive tous les espoirs aussi bien chez les américains qu’ailleurs dans le monde. Leur victoire est porteuse de rêves, d’envies et d’admiration. Ce retour à la décence met fin à la politique extrémiste Trumpienne. Une des rares bonnes nouvelles que l’année 2020 daigne nous apporter. Les cartes sont rebattues et les relations avec les États-Unis sont réactivées et réalignées.  La relation entre les États-Unis et Madagascar pourrait être qualifiée d’une relation durable, cordiale, équilibrée et respectueuse l’un envers l’autre. 153 années se sont passées depuis le 14 février 1867, quand le Royaume de Madagascar et les États-Unis signèrent un accord bilatéral de coopération commerciale, d’amitié et de sécurité. Des années marquées par une relation de plus en plus soudée et raffermie et se cristallisent ces dernières années dans des volontés de partenariat de coopération et de développement durable, comme le Millenium Challenge Account (MCA) ou l’AGOA (African Growth and Opportunity Act). Pour Madagascar, les États-Unis seront toujours un partenaire facile. Pour les malgaches, comme dans la chanson « Lemizo, de Lôlo sy ny tariny », les États-Unis fascinent, c’est le pays « exotique » par excellence. Décrocher une bourse d’étude pour poursuivre ses études aux États Unis n’est pas pareil qu’avoir une bourse et aller étudier en France. De nombreux intellectuels Malgaches ont un imaginaire américain et rêvent de traverser les deux océans et les continents. Cette relation amicale ainsi que le respect réciproque entre les deux pays font en sorte qu’il n’y a jamais eu d’anti-américanisme malgache. Avec l’élection de Biden s’ouvre donc 4 prochaines années d’espérance, de coopération politique et économique entre les deux pays. Mais qu’est-ce qu’un pays comme Madagascar pourrait espérer de l’élection de Biden ?  Quelles seraient les domaines de coopération par excellence entre les deux pays ?

Les domaines de coopération par excellence : climat, immigration, et géopolitique

Au vu du contexte sanitaire et des tensions sociales qui secouent et transforment en profondeur les États-Unis, on ne pourrait pas trop espérer d’une politique étrangère marquante de Biden, il ne sera pas présent sur la scène internationale. Son grand défi sera d’unifier un pays divisé et de ressouder toutes les communautés et les cultures qui s’y trouvent. Néanmoins, en ce qui nous concerne, quelques domaines de coopération par excellence pourraient être initiés dès maintenant. 

Sur le plan climatique : c’est le grand chantier par excellence à renforcer pour les deux pays. La volonté de Biden de revenir dans l’accord de Paris sur le climat, est très attendue. « Biden sera un bon président pour la planète » disait l’ancien président Français François Hollande. C’est de bon augure pour mettre en place une coopération pour mettre en œuvre une politique environnementale durable entre les deux pays. L’actuel Ministre de l’environnement de Madagascar fait des travaux remarquables et a déjà ouvert des chantiers importants en matière d’environnement ; l’expertise américaine, les transferts des connaissances, les partages d’expérience et les divers soutiens logistiques pourraient accélérer notre saut environnemental, vers un Madagascar Vert.

Sur le plan de l’Immigration : on pourrait envisager la facilitation de la circulation des citoyens entre les deux pays, vers la création d’une nouvelle zone de libre circulation Océan Indien/Atlantique. Contrairement à ce qui se passe avec les autres pays, comme avec la France où la migration est devenue une migration économique, la migration vers les États-Unis est principalement une migration intellectuelle. Il serait tout à fait souhaitable de multiplier les coopérations entre les universités et les entreprises des deux pays, et aussi d’accroitre par 1000 le nombre des boursiers aussi bien pour les Malgaches mais aussi pour Américains.  Cela mènera à transformer et renforcer nos structures de recherches et nos entreprises locales. Madagascar a besoin d’un vivier d’intellectuels, d’ingénieurs de haut niveau et devra être prêt pour les défis de croissance à venir. L’émergence de multiple centre de coopération scientifique, économique, etc. est envisageable. 

Et enfin, sur le plan géopolitique : Madagascar se sent seul dans sa lutte pour la restitution de ses îles, les Iles Éparses. Les négociations qui ont bien commencé avec la France ont été arrêtées par la crise de la Covid-19. Mais des annonces inconvenantes du Sénat Français réclamant la souveraineté française sur ces îles situées sur les rives de Madagascar présagent la difficulté des pourparlers à venir. Les États-Unis pourraient être un allié plus fiable sur ce sujet géopolitique sensible. A défaut d’un accord, la tension géopolitique entre la France et Madagascar sur les Iles Éparse va s’intensifier au cours des prochaines années. La nouvelle génération malgache a trouvé en ces Iles Éparses une expression de lutte pour la souveraineté nationale et leur a permis de trouver une unité nationale dans un combat qui leur est commun.

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