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Société

Colisée : Message à la Nation

À vrai dire, s’exprimer sur ce sujet sensible devenu politique n’était pas une lapalissade, qui divise aujourd’hui notre pays. Le rapport au sacré, aux ancêtres, qui plus est la royauté malagasy et donc notre histoire, semblaient gravés dans le marbre. Mais, si l’émergence économique attirait un tant soit peu, le culturel et l’histoire devaient en revanche s’en absoudre.


En voulant insuffler une modernité, jugée partiale, on en oublie presque, qu’un président élu au suffrage universel dispose de ce privilège de choisir, de trancher et donc de s’attirer les foudres d’une opposition. Ce n’est en rien le désir d’un roi mais le seul principe de la démocratie occidentale, qui elle aussi, a été importée à Madagascar au sortir de l’indépendance. Peut-être une autre irrévérence à notre histoire « monarchique », à notre rayonnement d’antan mais une réalité devenue normale depuis 60 ans qui n’est plus sujette à débat, à Madagascar. Loin de comparer, là où comparaison n’est pas raison. Mais sortir un tant soit peu de notre limite et notre pré-carré mémoriel. Il est vrai, la construction d’un Colisée pose question, il mérite de mesurer tout ce que cela engendre, dans les mémoires de chacun, dans notre roman national. Au demeurant, cette rénovation du palais a déclenché une vindicte auprès d’une frange de la population. Andry Rajoelina vivifie le débat et montre que sa politique est loin de laisser indifférente. Du Covid Organics à la rénovation du palais, il n’y a qu’un pas et un seul homme.

«  Si tu ne comprends pas aujourd’hui, tu comprendras plus tard. »

En dépassant les clivages politiques, les sentiments d’appartenance, un débat identitaire semble émerger en toile de fond. Autour de la polémique du Colisée, nous revenons à des principes que nous jugions immuables. Assurément du côté des « conservateurs » , vivement opposés à cette « invasion » romaine ou à cette acculturation occidentale. Au sein même de notre rédaction, les échanges sont une esquisse de ce qui se traduit sur les réseaux sociaux. Avec moins de véhémence, plus de respect en s’appuyant sur des positions idéologiques voire identitaires. Peut-être un signe que notre pays évolue dans son histoire à travers ses échanges dans les familles, dans les espaces publics et médiatiques et dans la société malagasy, dans son entièreté. Si le président de la république est l’homme qui doit rassembler, il doit savoir aussi trancher. Tout n’est pas aussi limpide que défendre nos îles malgaches. Cela dit, derrière la question de la rénovation du Rova se cache désormais la question identitaire qui n’a jamais été abordée de manière centrale dans notre jeune démocratie.

Il y a peu, en France, un débat sur l’identité nationale s’était tenu, provoquant une bronca pour ses motifs séparatistes et stigmatisant pour certaines communautés. Nous concernant, le débat identitaire pourrait être plus pacifique, s’appuyant sur la société civile et ses 23 régions, les historiens, les politiques, les écrivains, les enseignants. À l’heure, où l’Afrique nous regarde avec insistance et admiration, la question sur le malagasy du 21ème siècle s’impose et semble inéluctable. En attendant, nos éditorialistes exprimeront leurs positions à l’instar des concitoyens malagasy, divisée sur la question.

©Crédit photo – Actu Orange

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