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J’aime #Tananarive, la ville des Milles

Antananarivo, la capitale contestataire

Tananarive (ou Antananarivo), capitale de Madagascar, était cette ville qui a bercé tant de jeunesses, déclenché tant de changements, au cours de l’histoire. En 1929, les tananariviens revendiquaient l’égalité des droits entre les malagasy et les français, les journalistes défendaient la liberté de s’exprimer dans la langue du pays[1], en 1971, les étudiants sont en grève et viennent composer les prémices de 1972 et le souhait d’une indépendance réelle. Puis, la capitale ne va cesser d’impulser les mouvements de contestation politique en 1991 et en 2009. Son appellation de ville des Milles trouve ses origines au 17ème siècle, au fil des années, elle est le symbole de la centralité du pouvoir, en étant la capitale du royaume Imerina notamment, au début du 19ème siècle. Ensuite, Antananarivo va entremêler la vindicte populaire et les nuits aux rythmes déchaînés, le reflet de son évolution et de sa modernité récente. Quitter les villes rurales de Madagascar et gagner quelques instants le cœur économique de la belle île, avaient un goût savoureux, autrefois, le temps d’un détour par l’avenue de l’Indépendance et ses feux tricolores que l’on comptait sur « les doigts d’une main ». La propreté des lieux donnait l’espoir d’un pareil esthétisme sur toute l’étendue de l’île. On oublie presque qu’Antananarivo était considérée comme l’une des plus belles villes d’Afrique dans les années 60. Le temps écoulé fut alors une triste occasion d’entrevoir une ville détériorée où la salissure est dominante pour employer un euphémisme, abîmée par l’absence d’autorités,  où règne ainsi l’anarchie et où s’improvise la débrouillardise. En étant spectateur d’une déliquescence de la capitale, il n’est pas usurpé de dire qu’un travail immense attend le futur Maire de la plus importante ville de Madagascar. Aucune volonté de critiquer un tel ou un tel parmi les élus locaux mais indiquer doctement la tâche qui attend le futur locataire de la mairie de Tananarive.


Les hauteurs d'Antananarivo
Crédit photo

Une ville à (re)construire

Peste, engorgement, économie informelle, insécurité, accessibilité, propreté urbaine, les travaux à enclencher ne manquent pas. En Finir avec les éphémères ravalements de façades durant les venues des officiels, habitués aux villes modernes ; mais au contraire, promouvoir la construction et le travail de terrain, de manière durable. La capitale malagasy doit être la ville référence de l’Océan Indien, forte de ses 2.6 millions d’habitants en drainant toutes les classes aisées des « îles vanilles[2] », où le PIB a de quoi créer des convoitises. Attirer les élites par une offre culturelle variées, par des échanges interculturelles,  et par la facilitation des investissements dans les infrastructures immobilières ainsi que dans l’entreprenariat. L’idée est d’Offrir un nivellement tout en hauteur pour tous les malagasy qui espèrent jouir du changement à travers l’exode rural. Tananarive mérite d’être au centre de l’organisation d’innombrables colloques, et de conférences internationales pour fidéliser une clientèle d’affaire qui aura plaisir à occuper les hôtels de haut standing. Tananarive est en droit d’avoir cette vocation et dimension hybride de rappeler son histoire et de donner l’impulsion économique pour tout le pays. Enfin, Tananarive se doit de prôner une écologie politique si elle souhaite retrouver de sa superbe. Vous l’aurez bien compris, Mesdames et Messieurs les candidats à la Mairie d’Antananarivo, faites nous rêver et donnez-nous le droit de retrouver notre capitale.

J’aime Tananarive et vous ?

Grégory SILENY, Editorialiste.

[1] Les luttes sociales à Tananarive en 1972

[2] Concept créé en 2011 visant à attirer les classes émergentes dans le secteur du tourisme. Les iles vanilles regroupent La Réunion, Maurice et les Seychelles.

« Antananarivo, capitale du mond moderne » LaCroix

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