Le souffle de l’unité nationale à Madagascar : un nouvel équilibre de croissance et de prospérité

S’il est formellement reconnu que l’économie du pays repose principalement sur l’agriculture, l’exploitation minière, le textile et le tourisme, ces dernières années à Madagascar, la croissance a été marquée, en partie, par des investissements étrangers réalisés grâce à sa situation géographique stratégique et à son potentiel en ressources.Pour autant, il est également reconnu que des obstacles persistants continuent d’étouffer le pays dans une pauvreté permanente qui, en même temps, empêchent d’augmenter le rendement de la main-d’œuvre et des investissements.Mais enfin, l’autre facteur de la pauvreté à Madagascar est lié à sa vulnérabilité aux chocs tels des catastrophes climatiques, à l’instabilité politique interne tel un changement de régime anticonstitutionnel et une partie aux crises qui secouent le monde.Comment ne pas décevoir et avancer devant ces données récurrentes afin de briser ce cercle vicieux d’une croissance faible et d’une pauvreté élevée? Est-il besoin de rappeler la définition appropriée du vocabulaire où la refondation consiste à une action de fonder de nouveau ? Elle s’emploie surtout en matière politique pour désigner une action qui cherche à renouveler les principes sur lesquels reposent une organisation, un système, en les adaptant à une situation nouvelle.
De l’établissement d’une feuille de route à la suite de la déclaration de Politique Générale de l’Etat (PGE-R)
Le régime militaro-civil qui s’est installé aux commandes s’inscrit dans un contexte de transition et de réforme profonde. Le cadre actuel est défini par le Programme de Mise en Œuvre de la Politique Générale de l’Etat pour la Refondation dont trois piliers majeures le structurent. Le PMO/PGE-R prend un appui sur la note de conjoncture économique de Madagascar, établie par la Banque Mondiale en 2025, sous l’intitulé « Combler le fossé de la productivité » afin de répondre, de manière déterminée, aux revendications de la GEN-Z et aux aspirations du peuple Malagasy.
1) La valorisation du Capital Humain
D’abord, il constitue le socle social de ce programme en mettant principalement l’accent sur la lutte contre la pauvreté et les actions de stabilisation du pouvoir d’achat.Il convient ensuite de remarquer que le programme envisage de porter des réformes ajustées sur l’accès aux soins de base et le renforcement du système éducatif.Enfin, il est à noter que la volonté de réduire les délestages en eau potable et électricité constitue d’ores et déjà un grand pas vers l’accès aux ressources.
2) L’Industrialisation et la Transformation Economique
Tout d’abord pour stimuler la croissance prévue de 4% du PIB en 2026, le programme compte mettre en œuvre un soutien massif auprès des agriculteurs, non seulement dans le but de réduire les importations mais aussi de s’assurer pour une autonomie alimentaire.Ensuite, le programme envisage d’élaborer des pactes pour l’énergie en misant sur le développement des énergies renouvelables parallèlement à la réforme structurelle de la JIRAMA, de sorte que l’instabilité actuelle constitue le premier frein au développement industriel.Enfin, pour l’assainissement du climat des affaires, le programme mise sur la promotion des investissements privés en créant des conditions qui permettent aux entreprises plus productives d’entrer sur le marché et de croître afin de créer davantage d’emplois de meilleure qualité.
3) La Gouvernance et la lutte contre la Corruption
Concrètement, il s’agit du pilier qui constitue la refondation institutionnelle.
En premier lieu, le slogan « Tolérance zéro » met fin à toutes tentatives de nouvelles formes de corruption et de flux financiers illicites.En second lieu, le programme vise à stabiliser la vie politique et devra mettre en place une réforme électorale qui a pour but d’organiser des élections crédibles, transparentes et inclusives.En dernier lieu, ce qui permettra à Madagascar d’être sur la rampe de lancement vers le monde de la démocratie et de la liberté, le programme mise sur la restauration de l’autorité de l’état et par une réforme du système judiciaire afin que le pays jouisse pleinement d’un Etat de droit.
Des leviers majeurs pour le développement et la croissance économique du pays (*)
La pauvreté est la résultante de la faible productivité agricole et le manque de services de base en contenant huit (8) ruraux sur dix (10). Si l’agriculture constitue l’épine dorsale de l’économie rurale de Madagascar représentant 70% de l’emploi total, sa part de contribution dans la balance commerciale représente un déficit relativement considérable (exportation :37% ; PIB :29%). Cette faiblesse du capital humain limiterait la possibilité d’échapper à la pauvreté, surtout que selon les projections, bon nombres d’enfants seraient plus productifs qu’ils ne pourraient l’être s’ils avaient bénéficié d’une éducation complète et d’une bonne santé. En revanche, les taux de fécondité élevés dans les ménages à faibles revenus contribuent à la pauvreté chronique en surchargeant les ménages, en entravant le niveau d’éducation et en limitant les possibilités de génération de revenus.
Les données sur les facteurs de la pauvreté tant en milieu urbain qu’en milieu rural mettent en évidence des obstacles systémiques qui empêchent d’augmenter le rendement de la main-d’œuvre et des investissements. Cela se rétablirait par une ouverture de la concurrence accrue du secteur privé assise sur un climat favorable aux affaires et, à l’amélioration de la connectivité et de la fourniture d’énergie ainsi qu’à l’accès aux services numériques.
A la première vue, l’issue envisagée face à la difficile situation économique et sociale actuelle à Madagascar semblerait être en harmonie. Toutefois, il y a aussi, bien évidemment, la situation politique à réguler afin de se mettre en diapason pour jouer cette partition de la « Refondation ».Ensuite, il est à retenir sans contestations que les domaines « Energie et Agriculture » forment les deux principaux moteurs pour stabiliser le pays et relancer la croissance. Et cela sans oublier que près de la moitié de la population de Madagascar est constituée de jeunes de moins de 30 ans.Enfin, il reste à noter que la « PGE » se veut d’être « Agile » avec un calendrier précis dont des étapes de 6 à 12 mois, ainsi que d’une « Obligation de Résultats » devant l’Assemblée Nationale sous peine de dissolution (un mode opératoire plus fort que la censure).
(*) Cf les autres articles précédents parus sur notre site :GEN-Z : l’avenir pour une chance sur deux, paru le 13 novembre 2025GEN-Z Malagasy : l’unité nationale gage d’un avenir durable et propice, paru le 19 décembre 2025Article rédigé par Lalaina RASOLONIRINA
