Madagascar 60 ans après • S’affranchir de l’héritage colonial (2ème partie)

Histoire de l’économie Malagasy

L’histoire de l’économie Malagasy n’est pas une histoire glorieuse. Le taux de productivité local du pays stagne comme si le temps restait figé à la période coloniale. L’industrialisation locale est à l’état embryonnaire, et le tissu industriel encore infime est en régression, voire en voie de disparition. Madagascar n’arrive pas à s’affranchir du modèle colonial, son modèle économique est limité à l’exportation des matières premières brutes dont l’impact est très faible pour l’économie. La plupart des matières premières qui peuvent constituer des atouts et des leviers de croissance économiques ne sont pas transformés localement. L’enracinement au modèle colonial asphyxie la pensée économique Malagasy et compromet le développement du secteur industriel du pays.

Industrialisation, un défi

L’industrialisation a permis à l’Europe et l’Asie de s’insérer dans l’économie mondiale. La Chine par exemple s’est appuyée sur un modèle d’industrialisation qui se rapproche de la théorie du « Vol d’oies sauvages1 ». Un modèle basé sur « l’industrie industrialisante », visant à créer un développement industriel important en partant d’une base modeste. Pour Madagascar, l’industrialisation est une des voies possibles pour sortir de la pauvreté, se hisser dans le classement mondial et retrouver sa place parmi les nations. Il est tout à fait possible d’initier l’industrialisation du pays sur des produits à faible technicité pour devenir producteur, puis exportateur.

Madagascar a tous les atouts pour y arriver, mais le pays doit d’abord s’affranchir de l’héritage colonial afin de développer sa capacité industrielle, en créant localement des infrastructures pour permettre la transformation locale.  Le défi est de mettre en place un nouveau modèle économique basé sur la transformation industrielle locale maîtrisée, inclusive et respectueux de l’environnement, favorisant ainsi la création des richesses durables qui peuvent mener le pays vers le plein emploi, autrement dit vers l’émergence de Madagascar. On gagnerait à réfléchir sur une politique industrielle pour commencer une nouvelle page de l’histoire économique et de la productivité Malagasy.

Fabien RAZAKANDRAINIBE, Editorialiste.

[1] « Vol d’oies sauvages : modèle de développement économique décrit par l’économiste japonais Kaname Akamatsu en 1937.

©Crédit photo

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