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Economie

Les bonnes questions pour sortir de la pauvreté

Michael Kremer, Abhijit Banerjee, et Esther Duflo… Vous avez sûrement entendu parler de ces trois illustres personnes. Ils viennent de recevoir conjointement le prix Nobel d’économie 2019 pour la récompense de leurs travaux sur la lutte contre pauvreté.


C’est un fait inédit. Le choix et la reconnaissance des travaux, portés sur la pauvreté, ouvrent et élargissent le champ des gens ayant la possibilité de recevoir ce prestigieux prix. Cette bonne nouvelle ayant une portée mondiale nous interpelle : comment devrions-nous appréhender la pauvreté, comment parlons-nous des plus pauvres ? Comment les défendre ? Comment écouter les plus démunis ? Comment faire pour que leur voix soit plus entendable et pris en compte ?

« Hiadana sy ho finaritra, he! Sambatra tokoa izahay »

Extrait de l’Hymne National malagasy

Nombreux sont les pays considérés comme pauvres ou situés dans l’extrême pauvreté. La classification varie d’un pays à l’autre. Mais malheureusement pour Madagascar[1], le pays est dans l’extrême pauvreté, avec un classement honteux, celui du 5ème rang mondial, parmi les 25 pays les plus pauvres de la planète. Etant malgache, comment réagir face à ce constat presque incontestable : « Madagascar est un pays très pauvre ». Comment cette phrase pourrait-elle provoquer un sursaut de volonté pour sortir de cet état dit de pauvreté ? Ce qui est sûr, et si et seulement si nous souhaitons voir apparaître un changement prospère, ce que nous avons tous un rôle à y jouer, petits ou grands, diplômés ou non, du nord ou du sud, de la diaspora ou de Madagascar.

Des 4 coins de l’île avec toute la diaspora, le pays devrait trouver les ressources, les idées et les moyens pour s’en sortir. La préparation de la commémoration de la 60ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar est le moment opportun de se donner du temps pour concevoir la vision d’un Madagascar prospère et riche, pour que les paroles de l’hymne national deviennent une réalité : « Hiadana sy ho finaritra, he! Sambatra tokoa izahay ».

« Je ne dis pas je suis contre la guerre. Je dirai plutôt je suis pour la paix et travaille avec celles et ceux qui luttent pour la paix. »

Soeur Emmanuelle
Soeur Emmanuelle
Source LIBERATION

Et si nous commencions par poser les bonnes questions :  » Comment sortir de la pauvreté ?  »  Mais ne nous trompons pas de lutte comme le rappelait la sœur Emmanuelle. Elle disait : « Je ne dis pas je suis contre la guerre. Je dirai plutôt je suis pour la paix et travaille avec celles et ceux qui luttent pour la paix ». De même, arrêtons de parler de la pauvreté et entrons dans le temps des actions pour notre enrichissement culturel, intellectuel, spirituel, scientifique, économique et social. Chaque malgache est en mesure de faire un pas vers l’émergence, sans attendre une aide étrangère ou bien même l’action de l’état, en se posant les bonnes questions : qu’est-ce que je peux améliorer dans ma vie aujourd’hui ? Quelles actions sont à ma portée pour voir le changement que je veux voir dans ma vie ?

Fabien Gaston RAZAKANDRAINIBE. Editorialiste,

[1] En 2019, Madagascar occupe le cinquième rang du classement des pays qui produisent le moins de richesses par habitant, avec un PIB par habitant de 471 dollars. Le pays affiche cette année un produit intérieur brut de 12,73 milliards de dollars pour une population de 27,06 millions d’habitants. D’après la Banque mondiale, 70,7% des Malgaches vivaient sous le seuil de pauvreté en 2012. Source JDN, Journal du net.

Les Etats-Unis (1er) et la Chine (2e) sont en tête des pays au plus fort PIB, pour produit intérieur brut. Avec 21 345 milliards de dollars, les Etats-Unis restent encore loin devant l’empire du Milieu, qui plafonne à 14 217 milliards de dollars, selon les dernières prévisions du Fonds Monétaire International (FMI), publiées en avril 2019. Source JDN, Journal du net.

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