L’utopie du retour de la vie d’avant

En occident, les États, les entreprises, les intellectuels, les populations continuent d’espérer renouer très prochainement avec un retour à une vie normale. La thèse d’un post-covid, où nous serons contraints in fine d’apprendre à vivre avec ce type de pandémie, traverse peu les esprits. Pourtant ce scenario mérite d’être envisagé très sérieusement…

En France, les restaurateurs sont à l’affut, toujours dans l’espoir de rouvrir leurs enceintes au public. Même combat et même attente pour les intermittents du spectacle, les propriétaires de salles de cinéma, et plein d’autres victimes de la covid-19. Malgré les désillusions successives, l’ensemble de ces acteurs attendent tantôt avec désespérance une décision favorable des pouvoirs publics ; alors que ces derniers y sont manifestement réfractaires sous prétexte des risques encourus sur le plan sanitaire. Mais survient une question taboue, si les Français ne retrouvaient plus cette vie d’avant, tant espérée par tous ? Imaginez la fin des stades bondés, des centres commerciaux aux affluences croissantes, les masques définitivement rendus obligatoires, la fin des rassemblements comptant des milliers de personnes, privant les droits les plus fondamentaux comme les manifestations, les fêtes entrées dans les habitudes des Français comme la fête de la musique ou autres…

La société de demain ?

La société qui nous était décrite devait davantage ressembler à une prééminence de l’homme sur son environnement. Cette prise de conscience devait engendrer une société écologique basée sur une économie responsable, une vigilance et une éthique dans les comportements du quotidien, autrement dit le respect des citoyens, soucieux de leurs environnements. L’ensemble des acteurs de la société devait changer leurs habitudes de consommation, et in extenso rechercher un autre sens à la vie. Cette vision serait un compromis entre les défenseurs du capitalisme et les intellectuels, à même de penser la société de demain. Il n’en sera peut-être rien de cet idéal qui apparaissait comme une évidence.

L’homme a été témoin d’une force qui le renvoie à ses limites, à travers la Covid-19, acculé et forcé de se replier sur lui-même : confinement, couvre-feu, masques, distanciations sociales, gestes barrières. Aussitôt, nous y percevons une sémantique qui renvoie aux programmes des extrêmes et font l’affaire électorale de leurs acteurs, ayant toujours la lubie de brandir la peur en toutes circonstances. Bien que la peur de l’étranger ne soit plus humaine mais sanitaire ; l’homme dominateur sur toute chose cède désormais à l’homme pessimiste, à l’avenir incertain. Maintenant, il convient de savoir pour combien de temps cette incertitude liée à la Covid-19 va-t-elle déstabiliser une majorité de pays?

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