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Qu’est-ce que la démocratie version malagasy ?

Qu’est-ce que la démocratie version malagasy ?

La démocratie malagasy vit peut-être une période assurément plus heureuse que ses devancières. Au cours de ce 21ème siècle, Madagascar peut s’enorgueillir de la succession de 3 derniers présidents différents,  l’alternance démocratique, devenu historique, en 2013, et l’arrêt des crises endogènes depuis maintenant, plus de 10 ans, ce qui vient accréditer  d’une nette progression des institutions malagasy. La solidification d’un système, au sein d’un pays en voie de développement, est un indicateur incontournable pour les institutions internationales et les investisseurs étrangers. Toutefois, beaucoup de progrès sont encore attendus avant de pouvoir s’autocongratuler et dire que Madagascar appartient aux exemples de démocratie sur le continent africain. Sans aucun doute, il s’agit néanmoins d’un socle commun pour entrevoir un avenir meilleur, tout en considérant que l’établissement d’une démocratie exige plus que ce nous avons aperçu depuis plus d’un demi-siècle.

Vivre à Madagascar et espérer une démocratie, inspirée des conventions des droits de l’homme et des traités internationaux, paraît encore utopique. Les démocraties africaines sont jeunes de 60 ans, si cela reste peu à l’échelle de l’histoire, en politique, il en est tout autre, puisque cela reste amplement suffisant pour construire et promouvoir un développement qui conçoit aussi une avancée sur le droit social et humain. Autrement dit la démocratie malagasy doit bâtir une société qui tente de réduire les inégalités. Si les occidentaux aspirent à des droits jugés subsidiaires selon une perception Afro-Africaine, la jeunesse malagasy ou africaine attend de ses autorités : une sécurité physique, en premier lieu. S’exonérer de toute rébellion illégitime visant à perturber l’ordre établi, empêcher la fomentation ou le développement du terrorisme, créer des emplois pour endiguer l’économie informelle et toute forme de système D plus que contreproductif, et in fine promouvoir un système d’éducation visant à renouveler la classe politique et la représentation des élites tout comme mieux répartir le pouvoir économique.

Toutes ces exigences n’ont pu dépasser le stade idéologique et par ricochet tend à déprécier ce qui existe dans l’appréhension des sociétés africaines. À Madagascar, le pays se positionne au 162ᵉ  rang en termes de valeur d’indice de développement humain, faisant de l’île, un pays au développement humain faible en 2019.

Compte tenu des déficits et carences, l’alternance politique arrimée à une absence de coup d’État devient d’ores et déjà un succès. En assurant ce minimum « vital »  à Madagascar, le secteur privé peut envisager de prospérer sur du long terme et relancer l’investissement, puis attirer également des fonds étrangers jusqu’ici, car celui-ci est toujours craintif d’une potentielle crise sous quelconque forme.  

Quelle est notre destinée politique sur les 10 prochaines années ?

Nous ne sommes pas encore prêts à la démocratie à laquelle aspire l’Occident pour l’Afrique ; ce qui oblige à revoir nos standards en ambition politique. En ayant des velléités trop ambitieuses, nous participons à la fondation d’une politique éloignée des réalités et des préoccupations malagasy. Autant le diagnostic de la situation est fondamental, mais il ne doit pas outrepasser la proposition politique qui en découlera par la suite.

Pour toutes ces raisons, poursuivons le bon déroulement d’un scrutin présidentiel trop souvent bafoué en Afrique, choisissons démocratiquement le programme qui propulse Madagascar pour le meilleur, ne perturbons pas le jeu démocratique en laissant achever le quinquennat et assistons à une passation démocratique si un nouvel homme providentiel émerge. Lorsque nous aurons solidifié ces principes élémentaires à la démocratie, nous serons alors en mesure d’envisager un stade de développement plus grand et ambitieux.

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